Sylla : un dictateur capable d’abandonner le pouvoir par amour

Sylla, né en 138 av. J.C.,  fut élu consul en 88 av. J.C., peu de temps après la fin de la révolution sociale et servile réprimée par Marius. Lucius Cornelius Sylla provenait de la petite aristocratie pauvre, et s’était toujours montré réfractaire aux deux passions essentielles de ses contemporains, l’uniforme et le forum. Sa jeunesse fut celle d’un débauché qui n’hésitait pas à se faire entretenir par une prostituée grecque plus âgée que lui, qu’il n’hésitait pas à maltraiter s’il en éprouvait l’envie. Bien que n’ayant pas fait de grandes études, il avait une bonne connaissance de la  langue et la littérature grecques, sans parler d’un goût des plus raffinés en matière d’art. Personne n’aurait sans doute reconnu ses qualités si, une fois élu questeur sans que d’ailleurs on ne sache comment il y est parvenu, et affecté avec un grade de capitaine dans l’armée de Marius en Numidie, il ne s’était pas trouvé  impliqué dans la liquidation de Jugurtha.

Ce fut lui en effet, qui persuada Bocchus, le roi des Maures, de lui livrer l’usurpateur (voir article sur Marius, le général victorieux). Mais Sylla n’était pas qu’un excellent diplomate, car il s’était aussi révélé comme un magnifique commandant, à la fois rusé et froid, et surtout jouissant naturellement d’un grand ascendant sur ses soldats. En fait la guerre l’amusait plus qu’elle ne l’intéressait, parce qu’elle  impliquait  à la fois le jeu et le risque. Aussi suivit-il Marius dans ses campagnes contre les Cimbres et les Teutons, et contribua largement à ses victoires (102-101 av. J.C.).

Rentrant à Rome en 99 av. J.C., et  fort de tous ces succès,  il aurait pu poser sa candidature à des magistratures plus élevées…ce qu’il ne fit point, préférant renouer avec sa vie d’avant, au milieu des prostituées, des gladiateurs ou des acteurs médiocres. Mais après quatre ans de cette vie dissolue, il décida de poser sa candidature à la prêture…sans succès. Cet échec le contraria beaucoup, et il décida de se présenter comme édile. Il fut élu, et fit immédiatement la conquête des Romains, notamment en leur offrant à l’amphithéâtre le premier combat de lions. Cela lui permit l’année suivante de devenir prêteur, et d’obtenir le commandement d’une division en Cappadoce (Asie Mineure) pour réduire à l’obéissance le roi de ce pays qui s’était révolté.

Il donna à Rome en plus de la victoire un gros butin, n’oubliant pas au passage de se servir, ce qui lui permit de payer ses dettes, et surtout d’avoir assez d’argent pour financer lui-même ses campagnes électorales, sans avoir à dépendre d’un parti. Né pauvre aristocrate, il n’avait que mépris pour l’aristocratie qui l’avait toujours snobé, mais n’était pas davantage aimé de la plèbe qui ne le considérait pas comme un des siens. A noter que sa querelle avec Marius ne vint pas de questions politiques, mais simplement du fait qu’il s’était fait offrir par Bocchus un bas-relief d’or représentant le roi des Maures livrant Jugurtha à lui, Sylla, et non pas à Marius. Des broutilles!

Lorsque Sylla se presenta  au consulat en 88 av. J.C., c’était surtout pour avoir le commandement de l’armée que l’on formait pour lutter contre Mithridate en Asie Mineure, province ô combien turbulente, où il avait combattu contre Ariobarzane de Cappadoce. Cela étant, il fut élu surtout grâce aux femmes, et plus encore  grâce à son quatrième mariage avec la veuve de Marcus Aemilius Scaurus (prince du Sénat), Caecilia Metella, fille de Metellus de Dalmatie, grand pontife. Cette union allait lui donner les faveurs de l’aristocratie et l’assurait ainsi de son élection, ce qui lui permit de récupérer le commandement auquel il aspirait. En fait, par ce mariage, Sylla voulait devenir officiellement le chef de la faction optimates

Le tribun Sulpicius s’efforça en vain de faire invalider ces nominations pour les transférer à Marius, lequel à presque soixante dix ans n’était pas rassasié d’honneurs. Hélas pour lui la détermination de Sylla était la plus forte, et au lieu d’embarquer pour l’Asie Mineure il se dirigea sur Rome avec son armée où Marius l’attendait. Le résultat était connu d’avance, et Marius dut s’enfuir en Afrique, alors que  Sulpicius fut tué par un de ses esclaves qui, lui-même, sera tué pour trahison après avoir été affranchi pour services rendus à la patrie. Comprenne qui pourra! Désormais Sylla était le maître de Rome avec ses trente cinq mille hommes campés sur le Forum. Le Sénat contrôlait les lois , dans les comices le vote devait être donné par centuries, et enfin une fois nommé proconsul,  Sylla consentit à l’élection de deux consuls pour depêcher les affaires de Rome : l’aristocrate Cneius Octavius et le plébéien Cornelius Cinna. Il pouvait partir tranquille pour l’entreprise qui lui tenait à coeur du côté de la Grèce.

Cela dit à peine s’approchait-il des côtes de la Grèce que déjà Octavius et Cinna se déchiraient et leurs partisans avec eux, avec d’un côté les conservateurs ou optimates et de l’autre les démocrates ou populares. La guerre sociale et servile commencée deux ans plus tôt aboutissait à une vraie guerre civile, avec pour vainqueur Octavius, mais en une seule journée on avait compté plus de dix mille cadavres dans les rues de Rome.  Une vraie Saint-Barthélémy avant l’heure! Cela obligea Marius a revenir précipitamment d’Afrique pour rejoindre Cinna qui parcourait la province pour y susciter la révolte. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, il rassembla une armée de six mille hommes, presque tous esclaves, avec lesquels il marcha sur la capitale restée sans défense. Ce fut un nouveau massacre, avec de nombreux sénateurs tués dont Octavius. En outre des milliers de patriciens furent condamnés à mort, une des seules rescapées étant Caecilia qui réussit à s’enfuir pour rejoindre son mari, Sylla, en Grèce.

Le nouveau consulat de Marius et Cinna continua d’être marqué par la terreur, les esclaves libérés continuant leurs saccages et leurs pillages jusqu’à ce que Cinna, à l’aide d’un détachement de soldats gaulois, les massacre jusqu’aux dernier. Pour la première fois, Rome s’était servie de troupes étrangères pour rétablir l’ordre dans la ville. Marius mourut au beau milieu du massacre (86 av. J.C.), rongé à la fois par l’alcool, et la rancoeur des ambitions déçues. C’était une triste fin pour un si grand capitaine qui avait tant de fois sauvé la patrie. Restait Cinna, pratiquement dictateur, suite au départ de Valérius Flaccus, élu en remplacement de Marius, qui fut envoyé en Orient à la tête de douze mille hommes pour y déposer Sylla.

Celui-ci pendant ce temps était en train d’assiéger Athènes qui s’était alliée à Mithridate, lequel était arrivé d’Asie avec une armée cinq fois supérieure à celle de Sylla. Mais celui-ci disposait de troupes qui le prenaient à la fois pour un lion et un renard, donc un capitaine infaillible. En outre il savait se montrer généreux avec ses soldats, n’hésitant pas à les laisser piller Olympie, Epidaure et Delphes, pour pouvoir payer ses troupes comme elles le méritaient. Toutefois après des jours de massacre, Sylla réorganisa les phalanges  et les conduisit contre l’armée de Mithridate, qu’il battit et poursuivit jusqu’au coeur de l’Asie à travers l’Hellespont. Et c’est au moment où il allait finir d’exterminer  les dernières forces de l’ennemi que Flaccus survint pour le destituer de son commandement…ce qu’il ne se résolut pas à faire puisqu’il se plaça spontanément sous le commandement de Sylla, bien que son lieutenant  Fimbria eut tenté de se rebiffer.

Voyant cela Sylla offrit à Mithridate une paix avantageuse en lui grantissant le respect de son royaume, exigeant seulement quatre-vingts navires et deux mille talents pour payer ses troupes et les rapatrier. Ensuite il alla à la rencontre de Fimbria vers la Lydie (en Asie Mineure), mais n’eut pas besoin de le combattre car les soldats de Fimbria se joignirent spontanément aux troupes de Sylla, ce qui convainquit Fimbria de se donner la mort. Sylla revint alors sur ses pas, en pillant au passage toutes les cités et provinces où il passait, traversa la Grèce, embarqua son armée à Patras et arriva à Brindisi en 83 avant notre ère. C’est alors que Cinna se précipita à sa rencontre, mais lui aussi fut tué par ses propres soldats, lesquels préférèrent se rallier à Sylla.

Ce dernier rapportait au gouvernement un beau butin, avec quinze mille livres d’or et cent mille d’argent. Malgré tout il conserve de nombreux ennemis, à commencer par le gouvernement aux mains des populares conduits par le fils de Marius, dit Marius le Jeune. Cependant Sylla garde aussi de nombreux appuis à commencer par nombre d’aristocrates, dont un de leurs jeunes représentants, Cneius Pompée, lui amena une petite armée personnelle composée d’amis, de clients et de serviteurs de sa famille. Cela suffit pour mettre en déroute Marius le Jeune à Canusium (83 av. J.C.) et Sacriport (82 av. J.C.), mais avant de s’enfuir à Préneste, il donna l’ordre de tuer  (82 av. J.C.)tous les patriciens restés dans la capitale.  Résultat tous les sénateurs figurant sur la “liste noire”furent égorgés sur leur tabouret. Ensuite les assassins  évacuèrent la ville pour rejoindre Marius et ce qui restait des forces populaires, afin de livrer bataille à Sylla.

La bataille de la porte Colline (novembre 82 av. J.C.) fut une des plus sanglantes de l’Antiquité. Cinquante mille hommes fidèles à Marius restèrent sur le carreau, huit mille prisonniers étant indistinctement massacrés. Marius le Jeune se tua  (82 Av. J.C.) et sa tête expédiée de Préneste à Rome. Sylla a triomphé et l’accueil qu’il reçut de la capitale fut énorme (27 et 28 janvier 81 av. J.C.). On érigea même  en signe de gratitude, en bronze doré, la première statue équestre qu’on eut jamais vue à Rome où on n’avait jamais toléré que nul ne fut représenté autrement qu’à pied. A ce propos Sylla sera sans doute le premier dictateur à imposer à sa patrie le culte de la personnalité, comme on l’a connu un peu partout dans le monde avec les dictateurs modernes. Ainsi il fit frapper de nouvelles monnaies portant son profil, introduisit dans le calendrier une fête supplémentaire appelée celle de “la victoire de Sylla”. Mais il ne se contenta pas de cela. Rome était à sa merci, et sous la botte de son armée, laquelle n’hésitait pas à avoir recours à une féroce répression en cas de problème. Par exemple quarante sénateurs et deux mille six cents chevaliers qui avaient pris le parti de Marius le jeune furent condamnés à mort et exécutés.

En outre Sylla ayant besoin de leur patrimoine, nombre de riches furent supprimés ou déportés pour pouvoir enrichir ses soldats. Il y eut toutefois un jeune homme qui échappa au massacre, portant un nom qui allait devenir très célèbre, Caius Julius César, neveu de Marius par la femme de celui-ci, qui refusa de renier son oncle. Grâce à des amis communs, il s’en tira par le bannissement, même si Sylla en signant la commutation de sa peine s’écria : “Je fais une bêtise; il y a , dans ce jeune homme, l’étoffe de plusieurs Marius ». Le moins que l’on puisse dire est que Sylla avait vu juste!

Par la suite Sylla allait régner en autocrate pendant deux ans. Pour combler les vides provoqués par la guerre civile dans les rangs des citoyens romains, il accorda ce titre de citoyen à des étrangers, plus particulièrement des Espagnols et des Gaulois. De plus il distribua des terres à plus de cent mille vétérans, notamment à Cumes où il avait une ferme. Il abolit aussi les distributions gratuites de blé pour arrêter la congestion des villes. Il diminua le prestige des tribuns et rétablit la nécessité d’un laps de temps (dix ans) pour briguer une seconde fois le consulat. Il renouvela le Sénat, avec des nouveaux membres de la bourgeoisie, et lui restitua tous les droits et privilèges dont il jouissait avant les Gracques. Il alla jusqu’à mettre l’armée en congé, décrétant qu’aucune force ne pourrait bivouaquer en Italie. Tout cela annonçant la decision qu’il allait prendre à la stupéfaction de ses amis, remettre tout son pouvoir au Sénat…et se retirer dans sa maison de Cumes.

Devenu veuf peu de temps après son triomphe, Sylla décida de se marier une fois encore avec une jeune femme de vingt cinq ans, Valeria,  qu’il avait connue au Cirque, et qui s’était retrouvé par hasard à côté de lui. Beaucoup ont pensé que cet amour tardif (il avait presque la soixantaine) avait largement pesé dans sa decision de quitter le pouvoir. Sans doute en effet voulait-il tout simplement jouir de la vie avec sa belle et jeune épouse! Et de fait il passa les dernières années de sa vie avec Valeria, se contentant comme activité de chasser, de parler philosophie avec ses amis, et écrire ses Mémoires, dont il ne nous reste que des bribes. Ensuite il attendit la mort se contentant d’exercer sa dominition sur ses amis de Cumes. Il mourra d’un ulcère malin à l’estomac en 78 av. J.C. avec une grande dignité, cachant ses souffrances sous un perpétuel sourire. Avant de mourir il dicta son épitaphe : “Aucun ami ne m’a jamais rendu service, aucun ennemi ne m’a jamais fait d’offense, que je ne les aie entièrement payés. C’était effectivement le cas.

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Marius n’était pas un politicien

Marius avait fait la preuve qu’il savait mener au succès les légions, mais la question qui se posait était de savoir si l’homme politique était aussi éclairé que le général. Cette question se posait d’autant plus que Marius avait fait à ses soldats beaucoup de promesses, et pour les tenir il dut s’allier aux chefs du parti populaire, Saturninus, tribun de la plèbe, et Glaucias, préteur. Ces deux hommes étaient sans foi ni loi, connaissant parfaitement toutes les astuces parlementaires, et ne pensaient qu’à eux. Saturninus qui fut élu trois fois tribun (102 à 100 av. J.C.), et Glaucia, préteur en 100 av. J.C. proposèrent que le prix du blé (fixé par Caius Gracchus) fût diminué des neuf dixièmes. Cette mesure destinée à faire gagner des votes pour leur parti était parfaitement démagogique, et mettait en danger le budget de l’Etat, ce qui effrayait « les populaires » les plus modérés. Le Sénat fit en sorte qu’un tribun oppose son véto, mais cela n’empêcha pas le démagogue Saturninus de proposer la loi, provoquant de nombreux incidents. Ensuite Glaucia se porta candidat au consulat à côté de Marius contre un des rares aristocrates encore respectés, Caius Memmius. Mais pour être sûr que Memmius ne soit pas élu, Saturninus le fit assassiner. Devant cette atteinte aux lois de la république, le Sénat demanda à Marius de faire justice et de rétablir l’ordre.

Mais Marius n’était plus le jeune général fringant des années passés, passant beaucoup de son temps à boire et à manger plus que de raison, et il hésita, ce qui était d’ailleurs sa ligne de conduite depuis qu’il était entré en politique. Cela dit, il avait un choix difficile à faire puisqu’il s’agissait de choisir entre une révolte ouverte et la liquidation de ses amis, solution qu’il privilégia. Il commanda lui-même la lapidation à mort de Saturninus, Glaucias et leurs amis, ce qui lui valut d’être haï par tout le monde. En effet, la plèbe ne voyait plus en lui qu’un traître, et l’aristocratie se refusait à lui faire confiance, le considérant comme un allié peu sûr. Du coup il  décida de se retirer plein de ressentiment, et partit faire un voyage en Orient.

En moins de deux ans Marius avait ruiné la quasi-totalité du crédit que Rome lui avait accordé. En fait l’homme était trop passionné, et n’a jamais compris qu’on ne dirigeait pas un pays comme une armée.  En 91 av. J.C., Marcus Livius Drusus, aristocrate dont le père s’était opposé à Tibérius Gracchus, fut élu tribun. Ce Drusus avait aussi une fille qui épousera plus tard un certain Octave qui allait devenir plus tard le premier des empereurs romains, César Auguste. Il proposa à l’Assemblée trois réformes très importantes : distribuer de nouvelles terres aux pauvres, rendre au Sénat le monopole dans les jurys, mais en lui adjoignant trois cents membres, et faire citoyens romains tous les Italiens libres. Les deux premiers textes furent approuvés, mais pas le troisième parce que l’auteur fut assassiné avant qu’on en discutât.

Tout cela eut le don de mettre le feu dans la péninsule, celle-ci considérant qu’elle n’était pas traitée à égalité avec la cité de Rome, après deux siècles d’union. La province avait d’autant plus le droit d’être en colère qu’elle n’avait toujours aucun représentant au Parlement, alors qu’elle était pressurée d’impôts toujours plus lourds, et qu’elle fournissait le contingent le plus important des armées. En outre les préfets passaient l’essentiel de leur temps à exciter l’antagonisme entre riches et pauvres, afin que surtout ils ne s’unissent pas contre les décisions du pouvoir central. Par ailleurs seuls quelques millionnaires, comme nous dirions de nos jours, avaient réussi à obtenir le titre de citoyens romains, à force de pourboires.

Or, en l’an 126 av. J.C., l’Assemblée avait interdit aux Italiens de province d’émigrer à Rome, expulsant même une trentaine d’années plus tard (en 95 av J.C.) ceux qui s’y trouvaient déjà. Autant d’évènements se succédant les uns après les autres susceptibles de fomenter des révoltes un peu partout, mis à part en Etrurie et en Ombrie, peut-être à cause de la proximité géographique. Une armée fut montée de toutes pièces, forte surtout d’esclaves qui unirent très vite leur sort à celui des rebelles. Ceux-ci proclamèrent même une république fédérale ayant pour capitale Corfinium (dans les Abruzzes). Ce fut autant une guerre sociale qu’une guerre servile (90 av. J.C.), laquelle provoqua une belle panique à Rome en voyant ces gueux se soulever. La panique fut telle que le mythe de Marius, « l’homme qu’il nous faut », réapparut.

Et de fait Marius fit une nouvelle fois don de sa personne pour réprimer ces révoltes, après avoir improvisé à la hâte une armée. Celle-ci remporta de nombreuses victoires, mais au prix de massacres et de multiples exactions qui dévastèrent toute la péninsule. Au total cette guerre coûta la vie à trois cent mille hommes, ce qui incita le Sénat à donner le titre de citoyens romains aux Etrusques et aux Ombres, en récompense de leur fidélité, mais aussi à tous ceux qui étaient prêts à jurer fidélité à Rome, à condition de déposer les armes. La paix finit par être rétablie, mais à quel prix ! Et pour couronner le tout, Rome ne tint pas parole, puisque les nouveaux citoyens furent englobés en dix nouvelles tribus, lesquelles ne devaient voter qu’après les trente cinq tribus romaines qui formaient les comices des tribus, donc sans la moindre possibilité de s’opposer aux décisions prises par les comices des tribus. Par parenthèse, il fallut attendre l’arrivée au pouvoir de César, pour qu’enfin les nouveaux citoyens puissent obtenir les mêmes droits démocratiques que les autres.

Cela dit en 90 av. J.C., la guerre reprenait, provoquée par Marius qui se croyait toujours l’homme providentiel. Cette guerre n’était plus ni sociale, ni servile, mais tout simplement civile. Mais Marius n’était plus l’homme qu’il fallait, peut-être parce qu’il s’était aperçu qu’il avait eu tort de faire repartir les hostilités, d’où un engagement moins marqué que celui qu’on lui avait connu précédemment, ce dont profita un ancien subordonné et questeur de Marius en Numidie, Sylla.

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