Marius : le général victorieux

En l’an 112 avant J.C. éclata à Rome un scandale retentissant que l’on appela « le scandale d’Afrique ». De quoi s’agissait-il ? Après la mort de Massinissa en janvier 148 av. J.C., c’est Micipsa qui lui succéda sur le trône de Numidie jusqu’à sa mort, en 118 avant notre ère. Ce dernier avait laissé Jugurtha, son fils naturel, comme régent du royaume et tuteur de ses deux héritiers légitimes encore mineurs, Hiempsal et Adherbal.  Problème, Jugurtha tua l’un d’eux, Hiempsal en 117 av. J.C., et décida de faire la guerre à Adherbal (112 av. J.C.) qui était officiellement le roi depuis 118.  Mais celui-ci appela au secours l’Urbs, protectrice du royaume.

L’Urbs envoya une commission d’enquête que Jugurtha acheta au moyen de forts pots-de-vin. Convoqué à Rome, il corrompit les sénateurs qui devaient le juger. En somme, il fallut attendre l’élection du consul Quintus Metellus, médiocre mais honnête, pour trouver un général disposé à faire la guerre à l’usurpateur au lieu de se laisser «  graisser la patte », phénomène qui avait le don de susciter  la colère des gens, au demeurant bien mieux informés que ce que l’on pourrait imaginer de nos jours. Ces gens devinrent même furieux,  quand Metellus essaya de s’opposer à l’élection  au consulat de Caïus Marius, un de ses lieutenants, dont le principal défaut était de ne pas être aristocrate. Cette opposition n’empêcha pas Marius d’être élu (107 av.J.C.), et de se voir confier le commandement des légions. Pour Les Romains il était l’homme qu’il fallait à ce moment.

Ce Marius, né à Arpinum en 157 av. J.C., était le fils d’un journalier peu fortuné, la famille de ce dernier étant toutefois de rang  équestre. Marius fit ses études dans les casernes où il était entré tout jeune, façon de dire qu’il n’en fit pas.  Il avait gagné ses galons au siège de Numance (Nord de l’Espagne), ville qui fut prise et détruite (en 133 av. J.C.) par Scipion Emilien (185-129 av. J.C.), le petit-fils adoptif de Scipion l’Africain qui détruisit Carthage (146 av. J.C.). En rentrant à Rome Marius allait faire un  mariage intéressant, puisqu’il épousa la sœur d’un homme, Caius Julius César, qui n’était autre que le père d’un autre Caius Julius César, lequel allait marquer l’histoire pour l’éternité.  La famille de Caius Julius  César n’appartenait pas à la grande aristocratie, ce qui veut dire que cette alliance n’avait aidé en rien Marius pour être élu tribun en 119 av. J.C., cette élection allant permettre de constater que Marius, général de grande valeur, n’était qu’un médiocre politicien.

Il allait prouver sa valeur militaire dans la guerre contre Jugurtha, ce dernier étant désormais confronté à un véritable chef de guerre, ce que n’était pas le pâle Metellus. En peu de temps, en effet,  Marius obligea Jugurtha à se rendre (105 av. J.C.), ce que Metellus n’avait pu  ou su faire pendant des années, même si l’essentiel du travail était fait quand Marius prit le commandement de l’armée.  Malgré tout,  pour le peuple,  c’était Marius qui était le vainqueur de ce long affrontement, et il reçut à Rome un superbe triomphe. Cela dit le peuple ne savait pas que le coup décisif contre le chef de la Numidie avait été porté par un questeur du nom de Sylla, qui avait joué  avec Marius un peu le même  rôle  que celui-ci avait joué avec Metellus.

En attendant le héros c’était pour le  moment Marius, consul depuis 107 av.J.C., que Rome allait réélire jusqu’en 101 avant notre ère. En fait à cette époque Rome était en danger, car les Gaulois s’étaient de nouveau décidés à passer à l’offensive, et les Cimbres et les Teutons déferlaient sur la Gaule battant à quatre reprises  les troupes romaines, celles-ci souffrant des chamailleries internes entre  Servilius Caepio et Manlius Maximus, qui permirent à leurs adversaires de les écraser du côté d’Orange, les légions romaines perdant quatre vingt mille hommes et quarante mille valets et esclaves (6 octobre 105 av. J.C.).

Heureusement pour Rome, les hordes germaniques décidèrent de se rendre en Espagne, avant d’attaquer l’Italie. Mais cette fois Marius avait eu le temps (quatre années) de préparer une nouvelle armée et surtout de réorganiser celle-ci. Cela allait être en fait une véritable révolution, car cette remise en ordre fut celle qui allait fournir des années plus tard les armes qui allaient servir à son neveu César. En effet  il avait compris le premier,  que la conscription obligatoire (pour ceux qui étaient aptes au service) pour les jeunes gens issus d’une des cinq classes, lesquelles dataient du sixième roi de Rome, Servius Tullius (578 av. J.C.), n’était pas un gage de force et de qualité pour l’armée, pour la bonne raison qu’ils faisaient leur service militaire contraints et forcés. Marius préféra donc s’appuyer sur des gens « qui avaient faim », ceux que l’on appelait « les indigents », des mercenaires prêts à tout pour une bonne solde et un lot de terre après la victoire, alors que la décadence commençait à frapper les classes dirigeantes et moyennes.

Il  fit encadrer ces nouvelles recrues par des sous-officiers vétérans, afin qu’ils devinssent de vrais soldats, à la fois endurants et aptes au combat. Ils construisirent même un camp retranché près d’Aix- en- Provence, qui était le lieu de passage obligatoire des Teutons. Ceux-ci en effet arrivèrent, et défilèrent autour de ce camp, persuadés qu’ils ne feraient qu’une bouchée de ces troupes peu expérimentées. Ils se trompaient  lourdement, car ces « crève-la-faim » dirigés par Marius allaient les tailler en pièces (102 av. J.C.), les Teutons laissant cent mille hommes sur le champ de bataille. A ce propos, Plutarque raconta que les habitants de Marseille firent des palissades sur leurs terres avec les squelettes des Teutons, ce qui les fertilisa tellement  que les récoltes furent extraordinaires.

Ensuite Marius rentra en Italie pour attendre les Cimbres à Verceil, dans le Piémont, là où Annibal avait défait Rome pour la première fois. La bataille eut lieu le 30 juillet 101 av. J.C., l’armée de Catulus chargée de protéger l’accès des ennemis par les Alpes, qui n’avait pas voulu engager le combat de peur d’être écrasé par la vague cimbre, ayant rejoint Marius. Les Cimbres aidés de leurs alliés Santons, bien que plus nombreux que les Romains (un peu plus de 50.000 hommes),  subirent le même sort que les Teutons à Aix. Ils furent massacrés par les troupes de Marius, les Cimbres montrant à l’occasion que, comme leurs cousins teutons, ils n’avaient que leur vaillance et leur courage à opposer à la stratégie romaine, leur chef Boiorix n’ayant pas les qualités de capitaine de Marius. Cela valut à ce dernier d’être accueilli à Rome comme « un second Camille », de son vrai nom Marcus Furius Camillus (446-365 av. J.C.), considéré comme l’initiateur de l’expansion de Rome à travers l’Italie. Marius eut droit au butin pris à l’ennemi, devint très riche, et fut élu consul pour la sixième fois. Il était à l’apogée de sa carrière politique et militaire.

esca

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One Comment on “Marius : le général victorieux”

  1. batawila dit :

    je me nomme marius et cette histoire ma beaucoup édifié et sa ma donné le courage pour la poursuite


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