Léon Gambetta : tribun exalté au service de la République

Léon Gambetta, avocat de profession, né à Cahors en 1838 de parents italiens, va devenir célèbre très jeune, en 1868, en prononçant contre l’Empire un réquisitoire sévère pour défendre le journaliste républicain L.C. Delescluze.  Au moins lui savait de quoi il parlait quand il évoquait la liberté de la presse, d’autant qu’il a créé son propre journal, « La République Française » en 1871. Elu député radical en 1869, il va mettre au point ce que l’on appellera « le programme de Belleville », véritable charte du parti radical. Un peu plus tard, c’est lui qui proclamera la république le 4 septembre 1870. Ensuite il se rendra encore plus célèbre en quittant Paris en ballon pour organiser la résistance aux Allemands. Il se rend à Tours, prend la direction de la délégation du gouvernement, mais l’avance allemande l’oblige à se replier sur Bordeaux. Il ne va pas y rester longtemps car il va démissionner au moment de la reddition de Paris. De nouveau élu député, il  va encore démissionner quand la France se résout à laisser l’Alsace et la Moselle à l’Allemagne (1er mars 1871).

Ensuite il se fera remarquer en s’opposant au projet de restauration monarchique, après la chute de Thiers en 1873. Il fera aussi voter les lois constitutionnelles de 1875 qui établissent la république. En 1877, après la dissolution de la chambre,  il prend la tête du mouvement de résistance au président Mac Mahon, avec cette célèbre déclaration : « Quand la France aura fait entendre sa voie souveraine, Messieurs, il faudra se soumettre ou se démettre ». Ces propos peu diplomatiques lui valurent trois mois de prison. Après le départ de Mac Mahon et l’élection de Grévy en 1879, il sera président de l’Assemblée et surtout président du Conseil en 1881, se réservant aussi  le portefeuille des Affaires étrangères).

Ce « Grand Ministère », ainsi qu’on l’a appelé par dérision  parce qu’aucun grand chef républicain n’en faisait partie, ne durera que 73 jours. Sa volonté de créer un gouvernement suffisamment fort pour s’affranchir de l’influence des parlementaires, à laquelle il faut ajouter  ses projets de révision de la constitution, plus une réforme électorale instituant le scrutin de liste pour les députés, auront suffi à lui aliéner en moins de trois mois la plus grande partie de l’Assemblée. Gambetta  va donc quitter le pouvoir au plus haut niveau, et redevenir  bien malgré lui simple député tout en s’occupant de son journal, avant de mourir fin 1882 des suites d’un accident (mal soigné) avec une arme à feu. Cela dit, même en faisant un résumé très succinct de sa vie, on mesure l’immensité de l’œuvre accompli par ce grand tribun en moins de quinze ans de vie politique.

esca

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