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		<title>Néron : un règne tumultueux</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Feb 2012 10:14:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>esca2009</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;"><a href="http://esca2009.files.wordpress.com/2012/02/nc3a9ron1.png"><img class="alignleft size-full wp-image-603" title="Néron" src="http://esca2009.files.wordpress.com/2012/02/nc3a9ron1.png?w=590" alt=""   /></a>Burrhus et Sénèque étant morts, ils furent remplacé par un scélérat, Tigellin (10-69), qui avait profité de sa proximité avec Agrippine pour devenir de plus en plus influent auprès de Néron, surtout après son accession au trône en 54. En outre par calcul, comme dans tout ce qu’il entreprenait, il avait su montrer sa loyauté à Néron lors de la conjuration de Pison (avril 65). Mais l’influence de Tigellin allait s’avérer nettement moins heureuse que celle qu’avaient eue Sénèque et même Agrippine, du moins pendant le temps où ces deux là collaboraient. En effet, Néron n’ayant plus aucun frein pour le retenir n’en finissait pas de dégringoler à tous points de vue. Physiquement le portrait que l’on nous fait de lui nous le montre à vingt-cinq ans coiffé de cheveux jaunes tressés en petites nattes, l’œil terne, un ventre adipeux sur deux petites jambes rachitiques. En plus Popée qui était sa femme, depuis l’an 62, concrétisant ainsi avec ce troisième mariage son rêve de devenir l’impératrice, faisait de lui ce qu’elle voulait…pour le pire.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Ainsi, non contente d’avoir obligé Néron à divorcer d’avec Octavie, elle le poussa à l’exiler et, comme les Romains désapprouvaient cette décision, elle le décida à la faire assassiner (juin 62), ce qu’il fit malgré les supplications d’Octavie alors à peine âgée de vingt deux ans. Cela dit, Néron n’eut cette fois encore aucun remord parce qu’entre-temps il s’était fait consacré dieu et que les dieux ne sont pas tenus de faire leur examen de conscience. Et puis, sa seule obsession à ce moment était de se faire construire un nouveau palais d’or qui deviendrait son propre temple. Hélas, peut-être, pour les Romains, il projetait de le faire bâtir avec des dimensions gigantesques, ce qui impliquait de trouver un terrain important dans le centre surpeuplé de Rome, ce qui le confortait dans l’idée que la ville devait être refaite entièrement avec un nouveau plan d’urbanisme davantage rationnel. Or, curieusement, c’est à ce moment qu’éclata le fameux incendie de Rome de juillet 64. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Est-ce bien lui qui en fut l’auteur ? Possible, mais pas certain, car à ce moment il se trouvait à Antium. En outre, il accourut aussitôt la nouvelle parvenue jusqu’à lui, et déploya dans les secours une énergie dont personne ne l’eût cru capable. Cependant le seul fait que la voix du peuple l’ait accusé tout de suite, signifie que tout le monde le croyait capable d’un tel forfait. Curieusement il ne se déchaîna pas contre ses accusateurs, mais il lui fallait un coupable. Et, comme le dit Tacite, il pensa à une secte religieuse qui s’était formée récemment à Rome, et qui empruntait son nom à un certain Christ, Juif condamné à mort par Ponce-Pilate sous le règne de Tibère. Néron ne savait rien d’autre à leur sujet, mais cela ne l’empêcha pas de les condamner à la torture, au martyr selon la terminologie chrétienne. Les uns furent livrés aux bêtes, les autres crucifiés, certains enduits de résine et transformés en torches. C’était la première fois que Rome leur accordait attention, mais après ce martyre en masse, on commença à regarder ces gens avec une certaine curiosité.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Cela dit, cet incendie permettait à Néron de construire enfin une Rome à son goût, montrant dans les travaux de construction une certaine compétence. Mais tandis que Rome commençait à devenir celle qu’il souhaitait, Popée mourut d’une fausse couche (été 65), due selon certains à un coup de pied que lui aurait donné Néron à qui elle reprochait de passer trop de temps loin d’elle. En tout cas cette mort fut un coup terrible pour lui, qui croyait que sa femme aimée portait en elle l’héritier qu’il attendait. Il fut tellement affecté que, déambulant dans les rues de Rome, il croisa un jeune homme, Sporus, dont le visage ressemblait étrangement à celui de Popée. Il l’emmena au palais, le fit châtrer et l’épousa, ce qui fit dire à nombre de Romains que le père de Néron, le consul  Gnaeus Domitius Ahenobarbus (17-40) aurait dû en faire autant. A ce propos, l’histoire dit que Gnaeus Domitius, homme violent et sans foi, aurait affirmé qu’un enfant issu de son union avec sa femme (Agrippine) « il ne pouvait naître qu’un monstre ». </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Fermons la parenthèse pour reprendre le cours de la vie de Néron, lequel continuait à diriger les travaux de construction de son grand palais, sans qu’il se doutât que dans son dos se tramait un complot pour installer sur le trône Calpurnius Pison (élu consul en 58). Bien entendu, il y eut les arrestations, les tortures et les aveux habituels, au cours desquels on prononça les noms de Sénèque, mais aussi d’un autre Espagnol de Cordoue, le poète Lucain (39-65). Ce dernier commit notamment l’impardonnable erreur de participer à un concours de poésie avec Néron, et de remporter le prix. L’empereur en représailles lui interdit de continuer à écrire, mais Lucain désobéit ce qui causa sa perte et lui valut d’être obligé de se suicider alors qu’il avait à peine vingt sept ans. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Cela nous ramène à Sénèque, car c’est peut-être par les messagers de l’empereur qui vinrent en Campanie lui signifier sa condamnation à mort que Sénèque apprit qu’il avait fait partie, comme Lucain, de la conjuration de Pison. On raconte d’ailleurs qu’il était en train d’écrire une lettre à son ami Lucillius, qui finissait ainsi : «  En ce qui me concerne, j’a suffisamment vécu ; j’ai l’impression d’avoir reçu ma part. Pour l’instant j’attends la mort ». Mais quand celle-ci se présenta sous les traits de ce messager, il objecta qu’il n’y avait aucune raison de la lui infliger, attendu que depuis longtemps il ne faisait plus de politique, ne s’occupant que de soigner sa santé chancelante. C’était le prétexte qui lui avait réussi avec Caligula, lui permettant de vivre jusqu’à soixante ans et plus. L’ambassadeur retourna donc à Rome, mais Néron fut inflexible et Sénèque fut contraint au suicide. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Ayant créé le vide autour de lui, Néron partit faire une tournée en Grèce où les gens, disait-il, appréciaient mieux l’art qu’à Rome. Il prit part comme jockey aux courses d’Olympie, fit une chute, arriva le dernier…mais n’en fut pas moins proclamé vainqueur par les Grecs, ce qui leur permit d’être exemptés du tribut qu’ils devaient payer à Rome. Du coup, il fut proclamé vainqueur dans toutes les autres compétitions auxquelles il participa. Il eut aussi le plaisir d’être applaudi à tout rompre dans tous les théâtres où il chantait. Les Grecs allèrent même jusqu’à interdire à quiconque de sortir au cours du spectacle, ce qui eut pour effet de voir des femmes accoucher sur place. Mais ce sacrifice valait la peine, puisque Néron donna en échange à ces spectateurs la totalité des droits du citoyen romain.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Rentré à Rome, Néron se décerna lui-même un triomphe. Ne pouvant exhiber aucun butin pris sur l’ennemi, seul vrai triomphe jusque-là, il exhiba les coupes qu’il avait gagnées comme chanteur et comme « aurige ». Il était de bonne foi en prétendant que ses compatriotes l’admiraient, parce qu’il croyait réellement être admiré. Aussi fut-il plus étonné que soucieux quand il apprit que Julius Vindex appelait la Gaule aux armes contre lui. Son premier soin, en organisant l’armée, fut de prévoir un grand nombre de chars expressément construits pour le transport des décors permettant de monter un théâtre. Car il entendait bien, entre une bataille et une autre, continuer d’être acteur, musicien, chanteur, et se faire applaudir des soldats. Mais au cours des préparatifs, la nouvelle arriva que Galba (3-69), gouverneur de l’Espagne, s’était joint à Vindex et marchait avec lui sur Rome.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Le Sénat, à l’affût d’une occasion depuis longtemps, commença par s’assurer la neutralité bienveillante des prétoriens, puis proclama empereur Galba, le proconsul rebelle. A ce moment Néron, s’apercevant brusquement qu’il était seul, prit peur au point qu&#8217;un officier de la garde, à qui il demanda de l’accompagner dans sa fuite, lui répondit par ce vers de Virgile : « Est-il si difficile de mourir »? Pour lui, c’était très difficile. Il se procura un peu de poison, mais n’eut pas le courage de l’avaler. Il eut l’idée aussi de se jeter dans le Tibre, mais n’en eut pas la force. Il alla se cacher dans la villa d’un ami, via Salaria, à dix kilomètres de la ville. Là, il apprit qu’on l’avait condamné à mourir «  à la manière ancienne », c’est-à-dire par fustigation. Attéré, il s’empara d’un poignard, mais commença par en essayer la pointe et trouva « que cela faisait mal ». </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Enfin il finit par se décider à se couper la gorge lorsqu’il entendit un piétinement de chevaux derrière la porte. Sa main trembla : il fallut que son secrétaire, Epaphrodite, la dirigeât vers la carotide. « Ah quel artiste meurt avec moi » gémit-il dans un râle. C’était le 9 juin 68, qui marquait la fin d’un règne de presque quatorze ans. C’était aussi le cinquième et dernier empereur romain de la dynastie julio-claudienne. Les gardes de Galba respectèrent son cadavre qui fut pieusement inhumé par sa vielle nourrice et sa première maîtresse, Acté. Chose étonnante, sa tombe fut longtemps couverte de fleurs fraîches mais, plus étonnant encore, nombre de personnes à Rome continuèrent de croire qu’il n’était pas mort et qu’il allait revenir. Etaient-ce un mélange de regret et d’espoir ? Peut-être, car il n’est pas impossible que Néron ait été moins mauvais que l’histoire nous l’a décrit.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Michel Escatafal</span></p>
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		<title>Néron écoute Sénèque</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Feb 2012 09:53:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>esca2009</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;"><a href="http://esca2009.files.wordpress.com/2012/02/sc3a9nc3a8que.png"><img class="alignleft size-full wp-image-591" title="sénèque" src="http://esca2009.files.wordpress.com/2012/02/sc3a9nc3a8que.png?w=590" alt=""   /></a>Claude mort (54), c’est Néron qui lui succéda comme le voulait Agrippine, et encore une fois il semblait que c’était le bon choix pour Rome, d’autant qu’en dialecte sabin Néron signifie « fort ». J’ai dit encore une fois, parce qu’à chaque avènement d’un nouvel empereur, il était écrit qu’il gouverne avec un minimum de sagesse à ses débuts. En effet, ce fut toujours la suite qui fut douloureuse, notamment dans les cas de Tibère et Claude, et plus encore évidemment de Caligula. Hélas pour Rome, Néron n’allait pas déroger à la tradition, et si son règne commença de la meilleure des manières, très vite il devint un nouveau cauchemar pour les Romains. Cela dit, pendant cinq ans, Néron se montra un empereur judicieux et magnanime, mais s’il en fut ainsi ce fut essentiellement parce que Sénèque gouvernait en son nom.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Sénèque était un espagnol de Cordoue, issu d’une très riche famille et philosophe de profession. Il avait déjà fait parler de lui avant qu’Agrippine le choisît pour être le précepteur de son fils. Caligula l’avait condamné à mort pour impertinence, puis gracié parce qu’il était fortement asthmatique.  Claude l’avait exilé en Corse en raison d’une intrigue avec sa tante Julie, fille de Germanicus. Sénèque y était resté huit longues années, écrivant là d’excellents essais mais aussi quelques mauvaises tragédies. On ignore qui le proposa à Agrippine comme le plus indiqué pour élever Néron selon les principes du stoïcisme, dont il était considéré comme le maître incontestable. Quoi qu’il en soit, en quelques jours il passa de la condition de reclus à celle de précepteur de celui qui allait devenir le maître de l’Empire.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">C’était un homme étrange, qui allait user de sa position sans trop de scrupules pour augmenter son patrimoine, ce qui ne le fit pas pour autant vivre comme un homme riche. Mangeant peu, ne buvant que de l’eau, couchant sur des planches, il ne dépensait son argent que pour acheter des livres et des œuvres d’art. Dès qu’il se maria il fut absolument fidèle à sa femme et répondait à ceux qui lui reprochaient son excessif amour du pouvoir et de l’argent : « Je ne fais pas l’éloge de la vie que je mène. Je fais l’éloge de la vie que je voudrais mener et dont, de très loin, en traînant la patte, je poursuis le modèle ». Alors qu’il était au sommet de sa puissance, un pamphlétaire l’accusa publiquement d’avoir volé à l’Etat trois cents millions de sesterces (au moins autant d’euros d’aujourd’hui), de les avoir multipliés par l’usure et de s’être délivré de ses rivaux  et de ses ennemis en les mettant en accusation. Sénèque qui, à ce moment-là, pouvait faire supprimer tous ceux qu’il voulait, ne répondit qu’en s’abstenant de dénoncer son dénonciateur, ce qui ne l’empêcha pas, d’après Dion Cassius (155-235), de continuer d’exercer l’usure. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Lorsque son pupille, Néron, monta sur le trône, Sénèque lui fit lire au Sénat un beau discours, dans lequel le nouvel et très jeune empereur (il avait dix-sept ans) s’engageait à n’exercer d’autre pouvoir que celui de commandant suprême de l’armée. Il est vraisemblable que personne ne le crut, mais Néron tint sa promesse pendant cinq ans, tous les autres pouvoirs étant exercés par Agrippine et Sénèque. Et les choses marchèrent assez bien tant que ces deux personnages furent d’accord. D’ailleurs, pendant ce laps de temps Néron prit quelques décisions judicieuses, repoussant la motion du Sénat proposant de lui faire élever des statues en or. Il refusa aussi de signer des condamnations à mort, s’écriant, la plume en l’air, pour une exception qu’il lui avait fallu faire à cette règle : « Comme j’aurais voulu n’avoir jamais appris à écrire » ! On avait fini par s’imaginer que Rome s’était trouvé un empereur d’une grande sagesse, s’intéressant exclusivement pour ses loisirs à la poésie et à la musique. Nul ne pensait qu’un jour cet homme tournerait le dos à toutes ces bonnes dispositions. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Ensuite Agrippine fit du zèle. Elle voulut tout faire par elle-même. Sénèque et Burrhus s’en alarmèrent, et pour la neutraliser ils poussèrent Néron à faire sentir son autorité. Agrippine, furieuse, menaça d’anéantir son propre ouvrage en mettant sur le trône Britannicus, fils de Claude. Néron lui répondit en faisant supprimer Britannicus (an 55) et en la reléguant dans une villa…où elle écrivit un livre de Mémoires sur Tibère, Claude et Néron, dans lequel Suétone et Tacite puisèrent de larges pages, ce qui n’est sans doute pas le meilleur service qu’ils aient rendu à l’histoire, compte tenu de l’esprit de vengeance de leur inspiratrice. Fermons la parenthèse pour nous demander quelle part a pu prendre Sénèque dans le meurtre de Britannicus. Dans la mesure où il est l’auteur d’un essai intitulé <em>De la Clémence</em>, nous souhaitons qu’il n’en ait pris aucune, mais personne n’oserait en jurer.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">En tout cas, tant que Néron continua de mettre en pratique les théories de Sénèque, Rome et l’Empire furent tranquilles, le commerce prospéra, l’industrie se développa. Mais, à un certain moment, le pupille de Sénèque, qui n’avait pas vingt ans, commença à se tourner vers un autre maître, plus complaisant avec lui et qui, surtout, donnait mieux satisfaction à ses tendances d’esthète : Caïus Pétrone (27-66), l’arbitre de toutes les élégances romaines, le fondateur d’une catégorie d’hommes assez répandue : les dandies.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Il a été très difficile d&#8217;identifier ce riche aristocrate que Tacite nous décrit raffiné dans ses appétits, délicatement voluptueux, d’une conversation ironique et souverainement élégante, avec le Caïus Pétrone auteur du <em>Satiricon</em>, libelle formé de vers vulgaires jusqu’à l’obscénité, ne nous présentant que des personnages banals et des situations rebattues. S’il s’agit vraiment du même personnage, alors entre la façon dont on existe et dont on vit et celle dont on écrit, il y a un énorme fossé! Cela dit Néron, fasciné par le Pétrone qu’il avait connu dans le monde, raffiné, cultivé, grand séducteur d’hommes et de femmes, connaisseur infaillible de tout ce qui est beau, trouva plaisant d’imiter le mauvais poète et de mettre en pratique ses enseignements littéraires. Il prit pour camarades les héros du <em>Satiricon</em> et se mit à courir avec eux les quartiers les plus mal famés de Rome.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Sur le moment, le chaste Sénèque n’y trouva rien à redire. Il est même probable qu’il a poussé son disciple dans cette voie-là pour le distraire de plus en plus des problèmes du gouvernement qu’il préférait résoudre seul, ou bien avec Burrhus. C’est ainsi que, pendant quelques années, avec un empereur qui s’avilissait de plus en plus, l’Empire continua de prospérer. Trajan, plus tard, définit la premiere partie du règne de Néron comme « la meilleure période qu’ait connue Rome ». S’il avait perdu la vie à cette époque, il serait considéré comme un des plus grands hommes d’Etat de l’Antiquité ! Mais à un certain moment, le jeune souverain rencontra Popée, nouvelle Agrippine dans toute la fleur de sa beauté, et dont le rêve absolu était d’être impératrice. Pour y parvenir elle poussa Néron à devenir réellement empereur. Lorsqu’il la connut, Néron avait à peine vingt et un ans, une épouse très honnête, Octavie, qui supportait avec une grande dignité ses malheurs conjugaux, et une maîtresse, Acté, elle aussi honnête, et très amoureuse de lui. Hélas les femmes honnêtes n’étaient pas faites pour Néron, qui les trompa toutes deux avec Popée, sensuelle, débauchée et plus encore calculatrice. C’est à ce moment que commencent l’histoire personnelle de Néron et les tribulations de Rome.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Agrippine avait certainement été une femme néfaste. Les derniers épisodes de sa vie n’en sont pas moins dignes d’une matrone de la Rome antique. Elle n’hésita pas à s’opposer résolument à son fils quand celui-ci vint lui demander son consentement à son divorce avec Octavie, Tacite disant qu’elle en vint jusqu’à s’offrir à lui. Bien que l’ayant reléguée dans une villa, Néron continua à avoir encore peur d’elle. Mais il avait tout aussi peur de Popée qui continuait à se refuser à lui et à tourner en dérision son amour filial. Popée finit par faire croire à Néron qu’Agrippine complotait contre lui. Néron, n’osant pas la tuer, essaya une première fois de la faire mourir en l’empoisonnant. Ensuite il la fit tomber dans le Tibre, mais sans plus de succès. En fait Agrippine s’attendait à ce que son fils essaie de la faire mourir, peut-être parce qu’elle avait gardé au palais un serviteur de confiance. En tout cas les deux tentatives d’assassinat de Néron échouèrent, la première grâce à un remède qui la guérit de son empoisonnement, et la seconde parce qu’elle savait nager, étant repêchée par les gardes de Néron.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Personne ne peut dire quels furent les sentiments d’Agrippine à ce moment-là, vis-à-vis de ce fils auquel elle avait sacrifié toute sa vie. En tout cas elle fit semblant de n’avoir aucun ressentiment, bien que sachant que l’heure de sa mort était toute proche. Quelques jours plus tard, dans sa villa, elle vit arriver les gardes qui avaient pour ordre de la tuer. Sans se démonter, elle montra aux gardes son ventre, d’où Néron était sorti, en leur disant : « Frappez-là », ce qu’ils firent. Nous étions en mars 59 de notre ère. Quand on lui apporta le corps nu de sa mère morte, Néron se contenta de cette remarque : « Tiens, je ne m’étais jamais aperçu que j’avais une mère aussi belle » ! Et pourtant elle était âgée de quarante quatre ans, ce qui était un âge avancé à l’époque. Certains pensent qu’en fait l’unique chose qu’il regretta fut de ne pas l’avoir prise quand elle s’était offerte à lui, mais ce n’est qu’une supposition. En revanche ce qui est sûr, c’est que pour avoir un tel comportement et de pareilles réactions, il n’y a pas d’autre hypothèse que la folie, comme pour Caligula en son temps.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">L’histoire nous garantit que Sénèque n’eut aucune part dans ce crime abominable…mais elle nous laisse dans l’idée qu’il l’accepta, puisqu’il resta aux côtés de l’empereur, peut-être pour le retenir sur la pente de la perdition. Cela étant, si ce fut le cas, Sénèque fut très vite déçu, car Néron avait décidé de s’affranchir des conseils de son mentor, surtout quand celui-ci lui fit comprendre qu’il ne convenait pas à un empereur de se livrer à des compétitions au Cirque comme cocher, et de s’exhiber au théâtre comme ténor.  Pour toute réponse en effet, et pour bien montrer que c’était lui le maître à présent, Néron ordonna aux sénateurs de se mesurer avec lui dans ces matches de gymnastique et dans ces récitals de musique, en déclarant que c’était la tradition grecque, et que celle-ci valait mieux que la tradition romaine.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">A ce propos, les sénateurs dans leur ensemble ne méritaient guère mieux, même si quelques uns gardaient une étincelle de dignité, par exemple Thraséas Paetus (mort en 66) et son beau-frère Helvidius Priscus,  « un heureux et brillant génie » comme disait Tacite,  qui parlèrent ouvertement contre l’empereur. Les espions de l’empereur virent aussitôt un complot dans ces critiques, ce qui incita Néron, qui depuis son matricide avait fait preuve d’une certaine clémence, a se livrer à une véritable orgie de sang. Déjà, alors que Claude avait laissé un Trésor florissant, celui-ci commençait à diminuer dangereusement, ce qui incita l’empereur à obliger les condamnés à lui léguer leur fortune. Sénèque évidemment critiqua ces mesures…ce qui ne l’aida pas à garder sa place auprès de l’empereur. Mais ce ne fut pas la seule raison qui la lui fit perdre, celle-ci résidant dans le fait que Sénèque eut l’outrecuidance de critiquer les poésies de son maître.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Peut-être finalement fut-ce avec un soupir de soulagement qu’il se retira, avec une belle fortune, dans sa villa en Campanie, d’autant que Burrhus était mort quelques mois plus tôt (en 62). Il s’appliqua avec une grande activité à chercher, comme écrivain, une revanche à sa faillite comme précepteur.  Mais ce n’est pas parce qu’il avait quitté le palais que Néron l’avait oublié, puisqu’en 64 il tenta vainement de l’empoisonner. Mais c’était reculer pour mieux sauter, puisque compromis malgré lui dans la Conjuration de Pison (tentative de sénateurs, chevaliers, militaires et familiers de l’empereur, pour assassiner Néron en avril 65), il sera condamné à mourir, en se suicidant (12 avril 65) en s’ouvrant les veines d’abord puis en absorbant du poison pour hâter sa fin. Il avait une soixantaine d’années, pendant lesquelles il connut tout ce qu’un homme peut connaître comme bonheur, mais aussi comme contraintes et pour finir comme tragédie.</span></p>
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<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Michel Escatafal</span></p>
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		<title>Claude, où l’art de passer pour un idiot…sans l’être</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Feb 2012 09:33:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>esca2009</dc:creator>
				<category><![CDATA[histoire romaine]]></category>
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		<description><![CDATA[Ayant tué Caligula, les prétoriens étaient les maîtres de la situation et entendaient le rester. Ils regardèrent autour d’eux, en quête d’un successeur qu’ils pourraient bien tenir en main. Ils eurent ainsi l’impression que le personnage le plus indiqué était l’oncle du défunt, ce pauvre diable de Claude déjà quinquagénaire, les jambes gênées par une [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=esca2009.wordpress.com&amp;blog=16316327&amp;post=578&amp;subd=esca2009&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;"><a href="http://esca2009.files.wordpress.com/2012/01/claude.png"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-581" title="claude" src="http://esca2009.files.wordpress.com/2012/01/claude.png?w=150&#038;h=146" alt="" width="150" height="146" /></a>Ayant tué Caligula, les prétoriens étaient les maîtres de la situation et entendaient le rester. Ils regardèrent autour d’eux, en quête d’un successeur qu’ils pourraient bien tenir en main. Ils eurent ainsi l’impression que le personnage le plus indiqué était l’oncle du défunt, ce pauvre diable de Claude déjà quinquagénaire, les jambes gênées par une paralysie infantile, la langue par un bégaiement, l’air ahuri, qu’on avait trouvé caché derrière une colonne et tremblant de peur la nuit d’être assassiné.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">C’était le fils d’Antonia et de Drusus, fils lui-même de Germanicus. Il avait réussi à passer à travers les tragédies de la famille Claudia sans en souffrir, parce que sa réputation bien accréditée d’imbécile le protégeait. Si cela avait été une comédie, il faut dire qu’il avait su la jouer dès son enfance, notamment avec une mère qui le traitait d’avorton. Et quand elle voulait indiquer à quel point quelqu’un était stupide, elle le définissait ainsi : « Plus crétin que mon pauvre Claude ». Quel portrait flatteur !</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Reste à déterminer si ce personnage était aussi idiot qu’on le disait, et dans ce cas la réponse est non. En tout cas il fut le seul à passer à travers les mailles du filet…parce que justement il paraissait idiot, ce qui lui valut de se retrouver seul de sa famille à avoir sauver sa peau, Caligula le considérant comme le dernier des benêts. Il est vrai, comme je l’ai dit précédemment qu’il n’avait pas été gâté par la nature avec, outre ses jambes ankylosées, son gros ventre, son nez rougi par le vin, et sa difficulté à parler sans postillonner. Mais cela lui avait permis d’avoir vécu jusque-là sans donner ombrage à personne, se contentant d’écrire des pages d’histoire, y compris sa propre autobiographie.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Quand il se présenta au Sénat pour se faire proclamer empereur, il déclara : « Je sais bien que vous me considérez comme un pauvre imbécile. Mais je ne suis pas idiot. J’ai fait semblant de l’être. C’est bien pour cela que je suis ici aujourd’hui ». Mais ensuite il gâcha tout en faisant aux sénateurs une conférence sur la manière de soigner les morsures de vipère. C’était certes un sujet important dans la mesure où dans certaines contrées de l’empire ce serpent était très présent, mais outre le fait que son traitement était certainement d’une efficacité discutable, les problèmes dans la Rome et l’empire de l’époque étaient loin de se limiter à un tel sujet.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Claude commença par donner un solide pourboire aux prétoriens qui l’avaient élu, mais en échange il se fit livrer par eux les assassins de Caligula, qu’il fit supprimer pour instituer, disait-il, le principe qu’on ne tue pas les empereurs. Ensuite il voulut réformer complètement l’administration, montrant dans cette réforme un bon sens et un équilibre que nul ne soupçonnait chez lui. Ensuite, convaincu qu’on ne trouverait plus rien de bon dans la catégorie des sénateurs, il constitua un ministère de techniciens choisi parmi les affranchis, et il se mit à réaliser avec eux des travaux publics de grande envergure, s’amusant à collaborer à leurs calculs et à leurs projets.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Ce qui l’occupa le plus ce fut l’assèchement du lac Fucino en Italie centrale. Il employa pendant onze ans trente mille terrassiers à creuser un canal pour l’écoulement des eaux. Quand tout fut prêt, avant l’assèchement, il offrit aux Romains le dernier spectacle d’une bataille navale entre deux flottes de vingt mille condamnés à mort qui lui adressèrent le fameux cri : « Ave Caesar, morituri te salutant » que l’on traduit en français :  « Salut César, ceux qui vont mourir te saluent ». Et, effectivement, ils moururent tous de noyade, pour le plus grand amusement du public qui garnissait les collines alentour. On se distrayait comme on pouvait à l’époque !</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Claude fit bien rire en 43 quand on le vit partir avec son air idiot et sa tête d’ivrogne invétéré à la tête de l’armée dans l’intention de conquérir la lointaine Angleterre, espérant ainsi neutraliser la religion druidique aux ferments nationalistes en Gaule. Contrairement à ses prédécesseurs, il n’avait jamais été soldat (il aurait de toute façon été réformé avec ses infirmités), et chacun à Rome était convaincu qu’il prendrait la fuite à la première rencontre avec l’ennemi. On en était tellement convaincu que le bruit courut très vite qu’il était mort, ce qui attrista fort les Romains qui commençaient à s’attacher à lui malgré certaines extravagances, le trouvant plus humain que ses prédécesseurs.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">En fait, non seulement Claude n’était pas mort, mais il avait conquis l’Angleterre pour de bon (conquête achevée en 47), revenant en traînant à sa suite son roi, Caracactus, lequel fut le premier des rois vaincus par Rome à être gracié. Certes ce n’était pas Claude qui avait remporté la victoire, plutôt ses généraux, mais ceux-ci avaient été nommés par lui, et il ne s’était pas trompé dans ses choix. A noter que parmi les commandants de légion figurait un certain Vespasien qui sera empereur entre 69 et 79. Si on pouvait lui reprocher pas mal de choses, on ne saurait lui dénier une certaine clairvoyance…sauf en ce qui concerne les femmes, pour lesquelles il avait un faible très prononcé.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">C’était même un incorrigible coureur, ayant eu déjà trois femmes qu’il avait outrageusement trompées, avant d’épouser la quatrième, Messaline, âgée de seize ans seulement, alors qu’il avait presque cinquante ans. Cette Messaline allait passer à la postérité, non seulement comme épouse de l’empereur, mais surtout en raison de toutes ses frasques ou crimes, supposés ou non. Si je dis cela, c’est parce qu’en fait elle passa pour la plus infâme des reines ou impératrices, ce qui est peut-être inexact, les historiens reconnaissant toutefois qu’elle a mené durant son existence une vie très dissolue. N’étant pas belle et donc n’ayant pas fatalement la possibilité de séduire les garçons ou les hommes qu’elle désirait, elle ne supportait pas qu’on lui résistât, au point de faire intimer par l’empereur l’ordre de céder aux avances de sa femme.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Claude se prêtait au jeu pourvu que Messaline lui laissât le champ libre avec les femmes de chambre, ce qu’elle lui concédait volontiers. En un mot, ils étaient faits l’un pour l’autre. Le malheur était que Claude s’était mis en tête de réformer les mœurs romaines en instituant l’austérité  et qu’une femme semblable à Messaline n’était pas le meilleur modèle. Par exemple, un jour qu’il était absent, elle épousa tout tranquillement son amant du moment, Silius. Les ministres de l’empereur en informèrent celui-ci en lui disant que Silius voulait monter sur le trône à sa place. Du coup, Claude revint, fit tuer Silius, puis envoya deux prétoriens chercher Messaline qui s’était cachée chez sa mère. Redoutant sa vengeance, les prétoriens la poignardèrent dans les bras de sa mère. Claude leur dit de le poignarder, lui aussi, s’il songeait à se remarier.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Cela ne l’empêcha pas de se remarier l’année suivante, et sa cinquième femme, vertueuse, fit regretter la quatrième qui était pourtant débauchée. Agrippine, fille d’Agrippine et de Germanicus, était sa nièce. Elle avait déjà eu deux maris dont le premier lui avait laissé un petit enfant nommé Néron, dont la carrière fut son unique passion. C’était une autre Livie en pire, ce qui n’est pas peu dire. Ses trente ans lui permirent de s’imposer facilement à ce mari sexagénaire, affaibli par les excès de toutes sortes qu’il avait imposé à son organisme. Agrippine finit par l’isoler de ses collaborateurs, mit son ami Burrhus à la tête des prétoriens, et instaura un nouveau régime de terreur dont les sénateurs et les chevaliers firent les frais. A noter que les condamnations à mort portaient une signature de Claude…qui n’était pas la sienne, puisqu’elle avait été imitée.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">L&#8217;empereur, bien que retombant de plus en plus en enfance, commençait à comprendre ce qui se tramait dans son dos, et voulut y porter remède, ce qui décida Agrippine à l’empoisonner en lui faisant servir des champignons vénéneux.  Cela fit dire à Néron, qui avait à sa façon de l’humour, que les champignons devaient être un mets divin puisqu’ils avaient eu la vertu de transformer en dieu un aussi pauvre hère que Claude.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Michel Escatafal</span></p>
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		<title>Le malheur de Caligula&#8230;et des Romains</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Feb 2012 06:03:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>esca2009</dc:creator>
				<category><![CDATA[histoire romaine]]></category>
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		<category><![CDATA[empire romain]]></category>
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		<description><![CDATA[A propos de Tibère j’avais relevé que Philon disait de lui qu’il était très habile pour « saisir les intentions cachées de quelqu’un ». J’aurais pu ajouter aussi que ce même Philon le trouvait « supérieur par son intelligence autant que par la distinction de son rang ». Si j’évoque de nouveau Tibère, c’est parce [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=esca2009.wordpress.com&amp;blog=16316327&amp;post=574&amp;subd=esca2009&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><a href="http://esca2009.files.wordpress.com/2012/01/caligula1.png"><img class="alignleft size-full wp-image-575" title="caligula" src="http://esca2009.files.wordpress.com/2012/01/caligula1.png?w=590" alt=""   /></a>A propos de Tibère j’avais relevé que Philon disait de lui qu’il était très habile pour « saisir les intentions cachées de quelqu’un ». J’aurais pu ajouter aussi que ce même Philon le trouvait « supérieur par son intelligence autant que par la distinction de son rang ». Si j’évoque de nouveau Tibère, c’est parce qu&#8217;il choisit un successeur qui avait tout a priori pour devenir un des grands hommes de la Rome antique, mais qui finalement allait devenir un tyran de la pire espèce, dont la seule excuse (importante) fut sans doute qu’il devint dément peu après avoir accédé au pouvoir et avoir été accueilli avec enthousiasme par le peuple, fier d’avoir à sa tête un jeune homme de vingt cinq ans apportant une promesse de renouveau. D’ailleurs, au début de son court règne (37-41), le choix de Tibère parut très avisé, Caligula se montrant généreux avec les pauvres et reconstituant une apparence de démocratie en rendant ses pouvoirs à l’Assemblée.</p>
<p style="text-align:justify;">On le connaissait déjà comme un soldat valeureux et consciencieux. Sa brusque et rapide transformation ne saurait s’expliquer que par quelque maladie qui lui bouleversa le cerveau, sans que l’on puisse déterminer laquelle même si les historiens sont tous d’accord pour dire qu’il prenait la plupart de ses décisions sous l’empire d’une folie furieuse. En tout cas il commença très tôt par avoir des terreurs nocturnes, surtout par temps d’orage, arpentant son palais en appelant au secours. Grand et gros comme il était, sportif, athlétique, il passait des heures devant son miroir à se faire des grimaces, exercice qui lui réussissait très bien, avec ses yeux bigles et une plaque de calvitie qui lui faisait comme une tonsure.</p>
<p style="text-align:justify;">A un certain moment il se toqua de la civilisation égyptienne et voulut en introduire les mœurs à Rome. Il voulait que les sénateurs lui baisent les pieds et se battent en duel au Cirque contre les gladiateurs&#8230;avec le résultat que l’on devine, c&#8217;est-à-dire la mort. On ne devait pas se bousculer pour devenir sénateur quand on ne l’était pas ! Fermons la parenthèse pour noter qu’il imposa au Sénat d’élire consul son cheval Incitatus, auquel il fit construire une écurie de marbre avec une mangeoire d’ivoire. Toujours pour imiter l’Egypte, il prit ses sœurs pour maîtresses, et en épousa une, Drusilla, la nommant héritière du trône. Puis il la répudia pour épouser Orestilla le jour même où celle-ci épousait Gaïus Pison. Il ne s’arrêta qu’à sa quatrième femme, Césonie, qui était enceinte lorsqu’elle le connut, et aux dires des historiens plutôt laide, une laideur qui n’empêcha pas Caligula d’être enfin un époux fidèle et dévoué !</p>
<p style="text-align:justify;">Il est possible que dans leur haine de la monarchie, Dion Cassius et Suétone aient un peu chargé la barque à propos de l’empereur, mais il est non moins vraisemblable que Caligula était vraiment fou. Une preuve supplémentaire en est dans le fait qu’un matin il se réveilla avec la phobie des chauves, ce qui l’incita à donner en pâture aux fauves du Cirque, affamés par une disette volontaire, tous les chauves. On imagine l’horrible carnage ! Un autre jour ce furent les philosophes qu’il prit en grippe, les condamnant tous à mort ou à l’exil pour les plus chanceux. Deux seuls échappèrent à cette hécatombe : son oncle Claude, le futur empereur, parce qu’il était considéré (à tort) comme un idiot, et le jeune Sénèque parce qu’il se fit passer pour très malade. Ensuite, ne sachant plus trop qui persécuter, il contraignit au suicide sa grand-mère Antonia, uniquement parce qu’un jour qu’il la regardait il eut l’impression que sa tête était encore belle, mais que cela faisait un mauvais contraste avec ses épaules. Enfin, ayant fait le vide, il finit par s’attaquer…à Jupiter en disant que c’était une vraie baudruche qui avait usurpé sa place de roi des dieux. Du coup il fit couper la tête de toutes ses statues et leur substitua la sienne !</p>
<p style="text-align:justify;">Et pourtant, quel dommage que Caligula fût atteint de pareille folie, parce que dans ses rares moments de lucidité il était plutôt spirituel, sympathique, voire même cordial, ayant la réponse vive et le sarcasme facile. Un cordonnier gaulois n’ayant pas eu peur de le traiter d’histrion, il lui répondit : « C’est vrai, mais t’imagines-tu que mes sujets valent mieux que moi » ? Il est certain effectivement que s’ils avaient valu un tout petit peu mieux que lui, ils s’en seraient débarrassé très vite d’une manière ou une autre. Au contraire, ils l’applaudissaient et lui baisaient les pieds, à commencer par les sénateurs.</p>
<p style="text-align:justify;">Il fallut l’esprit résolu du commandant des prétoriens, Cassius Chaeréas, pour délivrer Rome de ce terrible fléau qu’était Caligula. Celui-ci, en effet, prenait plaisir à lui jeter à la figure des mots obscènes, ce qui attisait la susceptibilité de Cassius. Or un jour qu’il accompagnait l’empereur dans un corridor de théâtre, il le poignarda. La ville ne pouvait pas y croire, et pour montrer à tous que le tyran était bien mort, les prétoriens tuèrent également sa femme Césonie et brisèrent la tête de sa petite fille contre un mur. Une conclusion bien en harmonie avec les personnages et le sombre climat de terreur et de démence dans lequel ils avaient vécu. Désormais Rome n’était plus que la capitale d’un immense empire où il n’y avait pas d’autre alternative que d’être dirigée par des satrapes ou des régicides…qui ne pouvaient être que des mercenaires. Les Romains n’étaient même plus capables de tuer leurs tyrans !</p>
<p style="text-align:justify;">Michel Escatafal</p>
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		<title>Tibère : un jugement de l&#8217;histoire sans doute injuste</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Jan 2012 07:41:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>esca2009</dc:creator>
				<category><![CDATA[histoire romaine]]></category>
		<category><![CDATA[auguste]]></category>
		<category><![CDATA[empire romain]]></category>
		<category><![CDATA[Tibère]]></category>

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		<description><![CDATA[S’il y a bien un homme qui soit né sous une mauvaise étoile, c’est Tibère. Qu’on en juge : Quand sa mère l’amena, tout enfant, dans la maison d’Auguste, l’empereur n’eut d’yeux que pour son frère Drusus, à la fois tapageur, intrépide, tyrannique et sympathique. En revanche Tibère était plutôt  timide, réservé, réfléchi et sensible, mais ce [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=esca2009.wordpress.com&amp;blog=16316327&amp;post=557&amp;subd=esca2009&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;"><a href="http://esca2009.files.wordpress.com/2012/01/tibc3a8re.png"><img class="alignleft size-full wp-image-560" title="tibère" src="http://esca2009.files.wordpress.com/2012/01/tibc3a8re.png?w=590" alt=""   /></a>S’il y a bien un homme qui soit né sous une mauvaise étoile, c’est Tibère. Qu’on en juge : Quand sa mère l’amena, tout enfant, dans la maison d’Auguste, l’empereur n’eut d’yeux que pour son frère Drusus, à la fois tapageur, intrépide, tyrannique et sympathique. En revanche Tibère était plutôt  timide, réservé, réfléchi et sensible, mais ce dernier n’a jamais conçu une quelconque rancoeur ou envie  vis-à-vis de son frère.  Au contraire, il eut pour Drusus une affection admirative, au point de risquer sa vie pour essayer de le sauver, en vain, quand il fut blessé en Germanie. La mort de ce frère fut même pour lui une tragédie (an 9 av. J.C.), suivant son cercueil de l’Elbe à Rome, et il lui fallu des années pour guérir de cette douleur.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Après des études consciencieuses, Tibère s’illustra immédiatement dès qu’on lui confia une armée, la conduisant de victoire en victoire (jamais vaincu) contre des ennemis aussi aguerris et aussi insidieux que l’étaient les illyriens et les Pannoniens (13 et 12 av. J.C.). Quand on lui donna des provinces à gouverner, il les réorganisa avec compétence et intégrité. Bref, c’était un général consciencieux, consacrant le peu de temps qu’il lui restait à se perfectionner en grec, langue qu’il maîtrisait déjà très bien, et à s’adonner à des études d’astrologie qui lui donnèrent une réputation d’hérétique. A noter enfin que ce jeune homme qu’on appelait « le petit vieux » à vingt ans à cause de son sérieux, ne fréquentait ni les salons, ni le cirque. Certains pensent même que la première femme qu’il connut fut sa femme Vipsania, fille d’Agrippa, dame de grande vertu aux habitudes aussi tranquilles que les siennes.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">S’il avait pu rester avec elle, peut-être son caractère fût-il resté tel qu’il était dans sa jeunesse, à savoir celui d’un stoïcien d’une simplicité sereine, généreux envers ses amis, plus intransigeant avec lui-même qu’avec les autres. Le fait qui le démontre, c’est que ses soldats l’adoraient alors qu’à Rome on le détestait comme le modèle d’une vertu qui constituait un reproche pour tous. Hélas pour lui, Auguste le fit divorcer pour épouser sa fille Julie, une petite malheureuse assez sympathique, mais la moins indiquée qui fut pour être la compagne d’un homme comme lui. Pourquoi Tibère accepta-t-il ?  C’est une question qui mérite d’être posée dans la mesure où certes l’héritage d’Auguste était en jeu, mais sans que cela ne soit une obsession pour lui, se contentant d’être pour son beau-père un collaborateur zélé, préférant s’en faire estimer que s’en faire aimer. En fait dans cette obéissance il faut surtout voir la patte de Livie, épouse exemplaire d’Auguste, mère terrible pour Tibère, dont elle voulait à tout prix la gloire fut-ce au prix de son bonheur.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Tibère supporta ses malheurs conjugaux avec beaucoup de dignité. Il est faux qu’il ait refusé de dénoncer Julie comme adultère, comme la loi lui imposait, pour ne pas perdre la faveur d’Auguste. Au contraire, il lâcha tout pour aller mener la vie d’un simple particulier à Rhodes où il vécut peut-être la période la plus tranquille de sa vie, celle qui lui permit d’approfondir une culture déjà très étendue, au point que Velléius Paterculus (19 av. J.C. à 31) en avait fait un savant ou que Philon (20 av. J.C. à 40) le crédita post-mortem d’un esprit profond, disant de lui qu’il était « le plus habile des hommes de son temps pour saisir les intentions cachées de quelqu’un ». Après avoir banni Julie et perdu les fils de Julie, Gaïus et Lucius, l’empereur rappela Tibère, sous l’influence de Livie. Tibère reprit donc son travail aux côtés de son beau-père de plus en plus mélancolique et insupportable, et qui lui faisait endurer son antipathie. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Tibère avait déjà cinquante-cinq ans quand il lui fallut succéder à Auguste (14). Il le fit en se présentant au Sénat pour lui demander de s’en dispenser et de rétablir la République. Le Sénat considéra cela comme une comédie, ce qui était sans doute le cas. Bien que le détestant, les sénateurs le supplièrent de rester et lui demandèrent de donner son nom à un mois de l’année comme on l’avait fait pour Auguste. « Mais que ferez-vous après le treizième », leur demanda Tibère ? C’est avec cette attitude sarcastique à l’endroit de toute forme d’adulation et de culte de la personnalité que le taciturne et chaste Tibère se mit à gouverner. Et il gouverna avec beaucoup de clairvoyance et d’équité, notamment au début de son règne, laissant à sa mort un Etat plus riche et plus florissant que celui qu’il avait trouvé, avec le souci permanent de ne pas trop charger d’impôts les provinces, recommandant aux gouverneurs « de tondre les brebis, de ne pas les écorcher ».  Il essaya aussi de moraliser un épicurisme exacerbé, notamment en essayant de mettre un frein aux exhibitions insolentes qu’offraient les femmes et même les hommes avec des bijoux scandaleusement voyants, qui contrastaient avec la misère du « petit peuple ». Simplement il eut le malheur, encore un, de tomber sous la plume de Tacite et Suétone qui firent de lui le bouc expiatoire de tous les vices du temps, avant que la postérité ne le réhabilite quelque peu.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">La faute la plus grave qu’on lui reproche entre toutes celles qu’il commit, c’est d’avoir fait supprimer son neveu Germanicus, après l’avoir adopté comme fils et désigné comme héritier. Germanicus en effet, était le fils de Drusus et d’une nièce d’Antoine. C’était un beau garçon, vif, intelligent, courageux, que Rome entière aimait. Tibère l’envoya en Orient avec le titre de gouverneur afin qu’il puisse acquérir de l’expérience, mais nombreux furent ceux qui pensèrent que Germanicus fut exilé par jalousie. Il mourut là-bas (19) et les gens dirent que c’était Pison qui l’avait assassiné sur ordre de l’empereur. Pison se tua pour échapper au procès et la veuve de Germanicus, Agrippine, fut une des plus cruelles accusatrices de Tibère.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Une autre accusation qu’on avait porté contre Tibère, c’est d’avoir été cruel avec Livie. Certes, c’était à Livie qu’il devait le trône, mais il ne devait pas être facile de vivre avec elle qui prétendait contresigner les décrets impériaux. En outre, elle lui rappelait à chaque instant que, sans elle, il fût resté un simple citoyen émigré à Rhodes et, surtout, se considérait la maîtresse de maison, allant jusqu’à lui refuser quand il sortait. Tibère finit d’ailleurs par aller vivre pour son compte dans un modeste appartement où il espérait retrouver la sérénité. Mais il eut affaire avec Agrippine qui réclamait elle aussi une créance : la vie de Germanicus.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Cette Agrippine n’était pas seulement devenue sa nièce par son mariage, avec le fils de son frère Drusus, elle était également sa belle-fille, Julie l’ayant eu de son mariage avec Agrippa. Cette Agrippine était une femme avide et geignarde, et avait tous les vices de sa mère, sans aucune de ses qualités : la générosité, l’esprit, le don de sympathie. Agrippine avait de Germanicus un fils, un certain Néron qui, d’après elle, devait remplacer son père comme héritier du trône. Tibère aussi avait un fils, Drusus, que lui avait donné sa chère et bonne Vipsania. Mais c’était un propre à rien, rempli de vices et il l’avait renié. Effectivement, il cherchait un successeur, mais Néron lui non plus, ne lui disait rien de bon.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Toute une série de complots fut organisée contre Tibère. C’est Séjan, le commandant des prétoriens du palais, qui lui en apporta les preuves. Qui sait si elles étaient vraies? Mais petit à petit Tibère se mit à ne plus avoir confiance qu’en Séjan. Il lui permit d’augmenter la garde jusqu’à dix mille cohortes, sans se rendre compte du terrible précédent qu’il allait créer. Puis il se retira à Capri, sans qu’il cessât pourtant de gouverner. Cela dit, c’est à Séjan qu’il transmettait ses ordres, lequel les modifiait à son gré, ce qui fit de lui le vrai maître de la ville. Il découvrit ainsi un énième complot fomenté par Poppaeus Sabin, Agrippine et Néron, et se fit donner l’autorisation de les punir. Le premier fut supprimé, la seconde fut exilée à Pantelleria, et le troisième se tua. Drusus était mort, Livia aussi, surnommée par dérision la « Mère de la patrie ».</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Un jour la belle sœur de Tibère, Antonia, la mère de Germanicus, lui envoya secrètement, au risque de sa vie, un billet dans lequel elle l’avertissait qu’à son tour Séjan complotait pour faire assassiner l’empereur et prendre sa place. Du coup Tibère, malgré son âge, accourut à Rome, arrêta le traître et le livra au Sénat  pour instruire le procès de ce satrape qui inspirait la terreur aux sénateurs. C’est la raison pour laquelle Séjan, mais aussi ses parents et ses amis furent tués, y compris sa fille toute jeune qui fut déflorée avant le procès, la loi interdisant de tuer les jeunes filles vierges. Sa femme se tua elle-même, mais avant de mourir elle écrivit à Tibère pour lui dénoncer Livilla, fille d’Antonia, comme complice de Séjan. Tibère fit donc arrêter Livilla, laquelle se laissa mourir dans sa prison en refusant de manger. Agrippine, elle aussi, se tua. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">On comprend aisément que le Tibère qui émergea de cette hécatombe familiale, de cet enfer de sang sur fond de trahisons, n’ait plus été l’homme qu’il était avant. Il survécut six ans encore et il semble que son esprit fût troublé. En 37, il se décida à quitter Capri. Tandis qu’il traversait la Campanie, il fut pris d’une crise cardiaque, mais quand ses courtisans s’aperçurent qu’il reprenait ses sens, ses courtisans l’étouffèrent sous un coussin. Tibère avait maintenu la paix, amélioré l’administration et enrichi le Trésor. L’Empire semblait intact, mais sa capitale se gangrénait de plus en plus. Pour arrêter sa décomposition, il eût fallu la main d’un grand réformateur…que Tibère crut trouver dans le second fils d’Agrippine, Gaïus, que les soldats de Germanie, parmi lesquels il avait grandi, appelaient « Caligula » (Sandalette) à cause des chaussures militaires qu’il portait. Il se trompait lourdement&#8230;même s&#8217;il était difficile de prévoir ce qui arriva à Caligula.</span></p>
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<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;font-size:small;">Michel Escatafal</span></p>
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		<title>Le règne d&#8217;Auguste</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Jan 2012 06:38:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>esca2009</dc:creator>
				<category><![CDATA[histoire romaine]]></category>
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		<category><![CDATA[Octave]]></category>

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		<description><![CDATA[Le règne d’Octave débuta d’une curieuse manière, puisqu’en 27 av. J.C., il remit tous ses pouvoirs au Sénat, proclama la restauration de la République, et annonça qu’il voulait rentrer dans la vie privée. Etait-ce bien réel ou s’agissait-il d’une ruse supplémentaire ? Bien sûr chacun penche pour la deuxième hypothèse. Toujours est-il qu’il affirma que [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=esca2009.wordpress.com&amp;blog=16316327&amp;post=545&amp;subd=esca2009&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Le règne d’Octave débuta d’une curieuse manière, puisqu’en 27 av. J.C., il remit tous ses pouvoirs au Sénat, proclama la restauration de la République, et annonça qu’il voulait rentrer dans la vie privée. Etait-ce bien réel ou s’agissait-il d’une ruse supplémentaire ? Bien sûr chacun penche pour la deuxième hypothèse. Toujours est-il qu’il affirma que l’unique titre qu’il était prêt à accepter était celui de prince, titre qui jusque là n’existait pas. Le Sénat lui répondit en abdiquant à son tour et en lui remettant tous ses pouvoirs, le suppliant de les accepter, en lui conférant le qualificatif d’ «Auguste» qui signifiait à proprement parler « l’augmentateur ». Octave fit semblant de se résigner aux deux choses, ce qui marquait la fin définitive de la fronde conservatrice et républicaine. Même les orgueilleux sénateurs préféraient un maître au chaos.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais ce maître continua à se montrer modéré dans l’exercice de son pouvoir, habitant l’hôtel particulier d’Hortensius, fort beau mais qui n’avait rien d’un palais royal, se contentant comme appartement personnel d’une petite chambre du rez-de-chaussée avec un cabinet de travail, très simplement meublé. Il gardera les mêmes habitudes, y compris quand l’immeuble qu’il habitait s’écroula à la suite d’un incendie, en faisant reconstruire un autre à l’identique, notamment ses deux pièces de vie et de pouvoir. Il tenait donc à ses habitudes et était un véritable esclave de l’horaire. Et s’il travaillait dur c’est parce qu’il se considérait comme le premier travailleur de l’Etat. A ce propos il écrivait tout, non seulement les discours qu’il prononçait en public, mais aussi les propos qu’il tenait chez lui avec sa femme et ses familiers. En fait il n’y avait qu’au niveau familial qu’il ne maîtrisait pas tout, ce qui est généralement le cas des grands hommes…même s’ils n’y sont pour rien.</p>
<p style="text-align:justify;">Il y eut Julie sa fille, qui était aussi celle de Scribonia, mais aussi Livie, sa troisième femme, ou encore ses deux beaux-fils, Drusus et Tibère, que cette dernière lui avait amenés. Livie fut une épouse irréprochable, pour ne pas dire un peu ennuyeuse dans sa vertu. Elle éleva parfaitement bien ses garçons, fut très bienfaisante, et pardonna tout à son mari, y compris ses escapades extraconjugales. En fait elle admirait Auguste pour son pouvoir, ce qui lui laissait beaucoup d’espoirs pour ses fils. Et ce fut le cas, dans la mesure où ils furent généraux à vingt ans, participant aux combats victorieux destinés à dompter l’Illyrie (Croatie, Slovénie et Albanie actuelles) et la Pannonie (aujourd’hui la Hongrie). Mais une fois réalisée la « pax romana », Auguste renonça vite à la guerre, sauf pour protéger les frontières de l’Empire. C’est ainsi que Drusus, son préféré, battit brillamment les Germains, ce qui lui valut le surnom de Germanicus. Mais il fit une chute de cheval et se blessa grièvement, au point de mourir peu après, le temps que Tibère qui l’adorait arrive de Gaule où il se trouvait pour lui fermer les yeux (9 av. J.C.). Auguste aussi avait beaucoup d’amour pour lui, envisageant même de faire de ce jeune homme joyeux, expansif et impétueux son successeur. Il fut le père d’un autre célèbre Germanicus et de l’empereur Claude.</p>
<p style="text-align:justify;">Auguste, terriblement attristé par ce décès, eut aimé que Julie lui donnât un nouvel héritier. Cette Julie qu’il aimait au-delà de tout, au point de la marier alors qu’elle n’avait que quatorze ans à Marcellus, le fils de sa sœur Octavie, veuve d’Antoine. Mais Marcellus mourut peu après son mariage, et Julie était devenue la veuve joyeuse de Rome…ce qui contrariait beaucoup son père, lequel avait commencé à faire des lois pour rétablir les bonnes mœurs à Rome. Cela incita Auguste à lui fournir un second mari, et pas n’importe lequel : son ministre de la guerre, Marc Agrippa, l’homme qui lui avait donné la victoire à Actium, et son plus habile et son plus fidèle collaborateur. Problème, ce grand soldat, ce grand ingénieur, cet homme d’honneur qui avait pacifié l’Espagne et la Gaule, réorganisé le commerce et construit des routes, avait une femme…qui le rendait heureux. Mais de cela Auguste n’avait cure, comme il ne se souciait point de la différence d’âge entre Julie et Agrippa, lequel avait à cette époque quarante deux ans alors que Julie n’en avait que dix-huit. Cela dit, au nom de la raison d’Etat, Agrippa fit ce que lui demandait Auguste et, après avoir divorcé, épousa Julie.</p>
<p style="text-align:justify;">On ne sait pas s’ils furent heureux, mais ils eurent cinq enfants qui, tous, ressemblaient à leur père, y compris la future Agrippine dite l’Ancienne (née en 15 av. J.C.) qui fut l’épouse de Germanicus et la mère d’Agrippine la Jeune, mère de Néron. Par quel miracle cette ressemblance, certains s’interrogèrent ? La réponse aurait été apportée par Julie elle-même affirmant : « C’est que je ne fais jamais monter de nouveaux marins sur le navire qu’une fois qu’il est plein ». Pourquoi pas ? En tout cas, huit ans plus tard, Agrippa mourait (12 av. J.C.), et Julie redevint une nouvelle fois la veuve joyeuse de Rome, ce qui obligea Auguste à lui imposer un troisième mariage. Et il ne trouva pas mieux que Tibère, le frère de Drusus, en qui il voyait maintenant un régent possible de l’Empire tant que les fils de Julie, Gaïus et Lucius (« princes de la jeunesse » par la volonté d’Auguste) n’avaient pas atteints leur majorité. C’était aussi une solution à la convenance de Livie, la mère de Tibère. Problème encore, Tibère était marié…avec la fille d’Agrippa, Vipsania, qui le rendait heureux, ce qui n’était pas un argument pour empêcher Auguste de réaliser ses plans. Tibère devint donc, contre son gré, le successeur d’Agrippa après en avoir été le gendre, et dut endurer avec Julie tout ce qu’un mari ne souhaite pas à son pire ennemi. Quand il fut à bout de forces, il se retira à Rhodes pour y vivre en simple particulier, ne s’occupant qu’en étudiant, tandis que Julie accumulait les scandales et les malheurs avec la mort de Gaius (an 4) et Lucius (an 2), l’un victime de la typhoïde et l’autre à la guerre (Lycie en Asie Mineure).</p>
<p style="text-align:justify;">Brisé par ces malheurs, dévoré d’eczéma et de rhumatismes et de plus en plus sous la coupe de Livie, Auguste finit par bannir sa fille pour immoralité en la faisant enfermer dans l’île de Ventotène. Ensuite il rappela Tibère et l’adopta comme fils et comme héritier, tout en continuant à ne pas vraiment l’apprécier. Peut-être se croyait-il à ce moment près de la mort, car les colites et grippes ne lui laissaient pas de trêve, ce qui l’obligeait plus que jamais à ne pas faire un seul pas sans son médecin personnel, Antonius Musa. Il était devenu pointilleux, soupçonneux, et même cruel. Pour une indiscrétion, par exemple, il fit rompre les jambes à son secrétaire Tallus. Pour se protéger de complots inexistants il inventa la police, décision lourde de conséquences parce que ces prétoriens ou gardes du corps allaient jouer un rôle tout à fait néfaste sous ses successeurs. Rendu amer et sceptique par ses souffrances, il appréhendait clairement la faillite de son œuvre de reconstruction.</p>
<p style="text-align:justify;">On jouissait certes de la « pax augusta », et les marins d’Orient venaient lui rendre grâce de la sécurité avec laquelle ils naviguaient. Mais, sur l’Elbe, Arminius avait massacré Varus et trois légions, et la frontière avait dû être reculée sur le Rhin, ce qui donnait l’impression d’un fort bouillonnement dans les forêts derrière le Rhin. Cela dit, le commerce réorganisé par la volonté d’Auguste refleurissait, et la monnaie, assainie par Mécène, était sûre. La bureaucratie fonctionnait, l’armée restait forte, mais en revanche la réforme des mœurs avait échoué. Le divorce et ce que l’on appelle aujourd’hui le malthusianisme avaient tué la famille d’une certaine façon, même si de nos jours c’est un constat que nous ne ferions pas de la même manière, tout comme sur le fait que les trois quarts des citoyens étaient des affranchis ou des fils d’affranchis étrangers. Et pour couronner le tout, on avait construit des centaines de nouveaux temples, mais il n’y avait plus que des dieux auxquels plus personne ne croyait. Auguste pensant qu’on ne refait pas une morale sans base religieuse avait bien essayé de ranimer la foi de jadis, mais lui-même n’avait pas la foi. En fait le plus étonnant est que le peuple lui répondit en faisant semblant de l’adorer comme un dieu.</p>
<p style="text-align:justify;">Pour revenir à Julie, celle-ci mourut en exil en l’an 14, on ne sait pas exactement quand ni en quelle circonstances, en laissant à Auguste une petite fille prénommée Julie, comme elle, et qui se montra très vite disposée à continuer ce que fit sa mère la plus grande partie de sa vie, ce qui obligea Auguste, son grand-père, à la reléguer pour immoralité. Anéanti par cette nouvelle douleur, il voulut se laisser mourir de faim, mais ses devoirs prirent le dessus, d’autant qu’il sentait que sa fin était proche. A cette époque, il était âgé de soixante six ans, ce qui était quand même un âge avancé, surtout pour un homme qui avait souffert de mille maux pendant toute son existence. En fait la mort le surprit à Nola (Campanie), alors qu’il était convalescent d’une énième bronchite. Ce matin-là, il avait travaillé comme d’habitude de huit heures à midi, signé tous les décrets, répondu à toutes les lettres importantes qu’il avait reçues, puis il fit appeler Livie avec qui il était sur le point de célébrer son anniversaire de mariage et lui fit affectueusement ses adieux. Puis, en vrai grand Romain qu’il était, il se tourna vers ceux qui l’entouraient et leur dit : « J’ai bien joué mon rôle. Laissez-moi donc quitter la scène, mes amis, en emportant vos applaudissements ». Nous étions le 19 août de l’an 14. Les sénateurs transportèrent son cercueil sur leurs épaules en traversant tout Rome avant de brûler le cadavre sur le Champ-de-mars. Peut-être eussent-ils été contents de sa mort s’ils n’avaient su Tibère déjà désigné pour lui succéder.<br />
esca</p>
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		<title>La fin de Marc-Antoine et Cléopâtre et l’avènement de l’Empire romain</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Dec 2011 15:12:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>esca2009</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;"><a href="http://esca2009.files.wordpress.com/2011/12/auguste.png"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-543" title="auguste" src="http://esca2009.files.wordpress.com/2011/12/auguste.png?w=91&#038;h=150" alt="" width="91" height="150" /></a>Au printemps de l’an 32 av. J.C., on vit arriver à Rome Antoine porteur d’une lettre au sénat dans laquelle le triumvir proposait à ses deux collègues de déposer tout à la fois le pouvoir et les armes et de revenir à la vie privée après avoir restauré les institutions républicaines. Pourquoi ce geste ? En fait ce n’est évidemment pas Antoine qui avait pu concevoir un tel projet, où le machiavélisme côtoyait une forme d’habileté, mais plutôt Cléopâtre…ce qui mit Octave dans l’embarras. Mais ce dernier eut tôt fait de se ressaisir, et il exhiba le testament d’Antoine en déclarant qu’il le tenait des Vestales qui l’avaient en garde. Et ce testament désignait comme seuls héritiers les fils qu’avaient eu Antoine de Cléopâtre, laquelle deviendrait régente. Cela paraissait trop finement joué pour qu’on ne puisse pas mettre en doute l’authenticité de ce document. Mais cela suffisait pour confirmer les soupçons que Rome entière avait au sujet de cet intrigant d’Antoine. Cela permit surtout à Octave de proclamer une guerre d’ &#8221;indépendance&#8221; qu’avec beaucoup de flair il ne déclara pas à Antoine, mais à Cléopâtre.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Ce fut une guerre maritime, les deux flottes se rencontrèrent à  Actium (le 2 septembre 31 av. J.C.), située en Acarnanie dans une région occidentale de la Grèce antique. Celle d’Octave commandée par Agrippa, bien qu’inférieure en nombre d’unités, mit en fuite celle de l’adversaire qui n’eut d’autre ressource que se replier en désordre sur Alexandrie. Octave ne le poursuivit pas, sachant que le temps travaillait pour lui, et que plus Antoine resterait en Egypte, plus il s’y amollirait au milieu des orgies et des délices. Il décida donc de débarquer à Athènes pour ramener l’ordre en Grèce. Il revint en Italie pour y apaiser une révolte, puis fit un long détour en Asie pour détruire les alliances qu’Antoine y avait laissées, afin de l’isoler. Enfin, il se dirigea vers Alexandrie. Chemin faisant il reçut trois lettres : une de Cléopâtre, accompagnée d’un sceptre et d’une couronne, comme gages de soumission, et deux d’Antoine, qui implorait la paix. Octave ignora Antoine, mais répondit à Cléopâtre qu’il lui laisserait son trône  si elle tuait son amant…ce qu’elle ne fit pas.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Avec la rage du désespoir, Antoine lança une attaque et obtint même une victoire partielle qui n’empêcha pas Octave d’enfermer la ville dans un étau. Hélas pour lui, dès le lendemain les mercenaires de Cléopâtre se rendirent et Antoine entendit dire que la reine était morte. Il essaya de se tuer d’un coup de poignard, mais n’y parvint pas. Agonisant, il apprit qu’elle était encore vivante, se fit transporter dans la tour où elle s’était barricadée avec ses suivantes, et expira dans ses bras (1<sup>er</sup> août 30 av. J.C.). Cléopâtre demanda à Octave de lui permettre d’ensevelir le cadavre d’Antoine, mais aussi de lui accorder une audience. Octave lui accorda cette audience. Elle se présenta à lui comme elle s’était présentée à Antoine, parfumée, fardée, royalement drapée dans des voiles légers. Malheureusement pour elle, elle ne fit guère d’effet à Octave. Etaient-ce ses quarante ans, ou son nez qui n’était plus masqué par la fraîcheur de son sourire ? Peut-être. Toujours est-il qu’Octave la traita avec froideur, et lui annonça qu’il l’emmènerait à Rome pour orner son char de triomphe. Cette fois, tout était consommé, à la fois comme reine et comme femme…ce qui la faisait sans doute encore plus souffrir. Du coup sa décision était prise, et elle se suicida en s’appliquant un aspic sur le sein, imitée par ses suivantes (le 12 août en l’an 30 avant J.C.).</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Octave ensuite liquida son héritage et celui de Marc Antoine avec un tact qui permet de reconstituer son caractère. Il permit que les deux cadavres fussent inhumés l’un à côte de l’autre. Il tua le petit Césarion (17 ans à l’époque), craignant qu’il ne lui conteste l’héritage de César,  mais envoya les enfants des deux défunts à Octavie, qui les éleva comme ses fils. Il se proclama aussi roi d’Egypte pour ne pas humilier le pays en le déclarant province romaine, mais encaissa l’énorme trésor du pays, y laissa un préfet et rentra chez lui. Enfin, il fit supprimer, comme Césarion, l’aîné des fils qu’Antoine avait eus de Fulvie et, avec la conscience tranquille de quelqu’un qui a fait son devoir même s’il s’agit d’assassinats d’enfants, il se remit au travail.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">A ce moment-là, il avait guère plus de trente ans et se trouvait maître absolu de tout l’héritage de César. Le Sénat n’avait plus ni l’envie ni la force de le lui contester, mais Octave ne demanda pas pour autant l’investiture du trône. Il connaissait bien le poids des mots, et savait que &#8220;roi&#8221; pouvait réveiller des fantasmes assoupies depuis longtemps. Alors pourquoi prendre ce titre même s’il lui aurait été accordé ? Cela étant, même si les Romains avaient cessé de croire aux institutions démocratiques et républicaines parce qu’ils connaissaient leur corruption, ils n’en tenaient pas moins aux formes. Malgré tout leur souhait le plus vif était l’odre, la paix, la sécurité, une bonne administration, une monnaie saine, et des économies bien à l’abri. Octave se prépara à leur donner tout cela.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Déjà, avec l’or rapporté d’Egypte, il ramena l’armée, qui comptait à ce moment un demi-million d’hommes et coûtait très cher, à deux cent mille hommes, et se proclama « Imperator », titre purement militaire. A noter qu’il recasa les anciens militaires comme paysans dans des terres achetées pour eux. Ensuite il annula les dettes des particuliers envers l’Etat et donna la première impulsion à une politique de grands travaux publics. Cependant, comme il est aisé de le comprendre, ces premières décisions étaient les plus faciles à prendre, car il rêvait comme César de refonder profondément toute la société romaine d’après le plan projeté par son oncle. Pour ce faire il lui fallait une bureaucratie, dont il fut le véritable inventeur. Il constitua autour de lui un véritable cabinet ministériel, pour le choix duquel il eut la main heureuse, avec un grand organisateur comme Agrippa, un grand financier comme Mécène, et différents généraux, parmi lesquels son beau-fils Tibère (fils de Livia), qui eut tôt fait de se distinguer.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Ces personnages appartenant presque tous à la haute bourgeoisie, les aristocrates se plaignaient d’être exclus. Octave en choisit donc une vingtaine parmi eux, tous sénateurs, et les constitua en une sorte de Conseil de la Couronne, lequel devint peu à peu le porte-parole du Sénat et détermina ses décisions. L’Assemblée ou Parlement continua de se réunir et de discuter, mais de moins en moins fréquemment et sans jamais essayer de faire échouer quelque proposition d’Octave, qui en 27 av. J.C., s’était déjà présenté au consulat treize fois en étant nommé, naturellement, chaque fois. Tout était prêt pour qu’il devienne Auguste. C’était le début d’un Empire qui allait durer jusqu’en 476.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">esca</span></p>
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		<title>Octave, mais aussi Cléopâtre et Marc Antoine</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Dec 2011 08:21:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>esca2009</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;"><a href="http://esca2009.files.wordpress.com/2011/12/clc3a9opc3a2tre.png"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-530" title="cléopâtre" src="http://esca2009.files.wordpress.com/2011/12/clc3a9opc3a2tre.png?w=76&#038;h=150" alt="" width="76" height="150" /></a>Comme je l’ai écrit dans l’article précédent, ce partage de l’Empire en trois parties ne pouvait être que provisoire, Antoine et Octave ne pouvant se contenter de leur part. En fait les deux voulaient la totalité du gâteau, et celui qui paraissait le plus sûr de réussir dans son entreprise était  Antoine, pour la simple raison qu’il ne croyait qu’aux vertus de la force militaire. Or comme général, Antoine se croyait supérieur à Octave, même si à Modène il dut subir une défaite humiliante face à son rival (43 av. J.C.), bien aidé par la chance il faut le reconnaître.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">En tout cas la première chose que fit Antoine, qui avait récupéré rappelons-le l’Egypte, la Grèce et le Moyen-Orient dans le partage, fut d’envoyer un message à Cléopâtre, lui enjoignant de venir le trouver à Tarse (aujourd’hui en Turquie) pour répondre à l’accusation que certains lui faisaient, d’avoir aidé et financé Crassus. Cléopâtre obéit, et le jour fixé pour son arrivée Antoine se prépara à la recevoir juché sur un trône majestueux au milieu du Forum, devant une population excitée par l’idée d’un procès imminent.  Cléopâtre arriva sur un navire à voile rouge, muni d’un éperon doré, la quille revêtue d’argent, ses suivantes étant toutes habillées en nymphe, tout ce joli monde écoutant de la musique jouée par des fifres et des flûtes. Evidemment tout cela créa sur le port du fleuve Cydnus une agitation extraordinaire, Antoine se retrouvant seul, ce qui le rendit furieux. Du coup il fit appeler Cléopâtre, mais elle lui fit répondre qu’elle l’attendait à bord pour déjeuner, ce qui n’atténua pas son courroux, lui se considérant comme un juge et elle comme une accusée.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Mais quand Antoine la vit, il fut immédiatement subjugué, la petite fille qu’il avait connue jadis à Alexandrie sans que l’on sache exactement comment, étant devenue une femme extrêmement séduisante alors âgée de vingt neuf ans (41 av. J.C.). Ce n’était pas pour rien qu’elle avait séduit César, et les officiers d’Antoine étaient tous aux pieds de la reine, béats d’admiration pour cette divine créature. Du coup Antoine calma aussitôt son dépit, et au dessert il lui avait déjà fait cadeau de la Phénicie, de Chypre, et de quelques morceaux d’Arabie et de Palestine. Il fut récompensé de ces bontés la nuit même, les généraux se distrayant avec les nymphes. Ensuite Cléopâtre amena Antoine et son équipe à Alexandrie, ce dernier oubliant complètement le motif pour lequel Cléopâtre était venue jusqu’à Tarse…contrairement à Cléopâtre qui savait bien que sa condition d’accusée ne s’était pas envolée comme par miracle, surtout si Antoine ne réussissait pas à devenir le seul maître de l’Empire romain. Cela prouve aussi que la dame savait que Rome ne pouvait avoir trois maîtres en même temps. Néanmoins, même si elle n’aimait pas Antoine, elle eut l’idée de tenter avec lui ce qu’elle n’avait pas réussi à faire avec César.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Tandis que ces faits avaient lieu à Alexandrie, à Rome Octave jetait les bases d’une réunification, malgré les difficultés que cela supposait. En Espagne Sextus Pompée (68-35 av. J.C.), plus jeune fils de Pompée, avait recommencé à s’agiter et bloquait le ravitaillement, ce qui entraînait de nombreux désordres, et faisait augmenter le nombre chômeurs et l’inflation sur les produits de première nécessité, tout cela incitant le Sénat à faire fronde. En outre Fulvie, la femme d’Antoine, sans doute pour soustraire son mari à l’envoûtement de Cléopâtre, organisa un complot avec le frère d’Antoine, Lucius, appelant les Italiens à la révolte. Mais Octave ayant senti le danger, fit intervenir son fidèle lieutenant Marc Agrippa (63-12 av. J.C.) et étouffa cette tentative, ce qui eut pour conséquence d’entraîner la mort de Fulvie, à la fois de rage, de déception et de jalousie. Du coup, Cléopâtre trouva prétexte de cet évènement pour pousser Antoine à jouer le tout pour le tout, sachant l’emprise qu’elle avait sur lui.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;"> </span><span style="font-family:Calibri;">Antoine réunit son armée, l’embarqua à Brindisi et y assiégea la garnison d’Octave, mais ô surprise les soldats des deux adversaires refusèrent de se battre pour obliger les deux généraux à faire la paix. Une paix qui fut scellée par le mariage d’Antoine …avec Octavie (octobre 40 av. J.C.), la sœur d’Octave, une honnête femme, dont il était difficile d’imaginer qu’elle pût retenir une tête brulée comme Antoine. Et pourtant, il sembla un temps qu’Antoine ait oublié Cléopâtre, au point d’avoir amené sa femme à Athènes, allant même jusqu’à visiter avec elle les musées et écouter les leçons de philosophie. Mais le souvenir de Cléopâtre ne s’était pas enfui,  et Antoine décida de renvoyer Octavie à Rome.  Ensuite il dirigea son armée contre la Perse où Labienus, fils du général qui avait trahi César, organisait une armée au service du roi rebelle. Cléopâtre rejoignit Antoine à Antioche, et même si elle refusa de financer l’expédition contre Labienus parce qu’elle ne l’approuvait pas, elle suivit son amant. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Celui-ci poursuivit inutilement l’ennemi sur cinq cents kilomètres, perdant dans l’aventure une bonne partie de ses cent mille hommes, imposa à l’Arménie un vasselage tout théorique, et pour finir se proclama vainqueur tout en s’offrant lui-même un solennel triomphe à Alexandrie, oubliant simplement que ce type de cérémonie n’était concevable qu’à Rome, ce qui provoqua un scandale. Enfin Antoine intima à Octavie l’ordre de divorcer, rompant ainsi tout lien avec Octave. Et tout cela pour épouser Cléopâtre, et offrir aux deux fils qu’il avait d’elle tout le Moyen-Orient, sans oublier de faire de Césarion le prince héritier d’Egypte et de Chypre.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Bien évidemment tout cela ne pouvait qu’entraîner un conflit avec Octave, lequel de son côté se préparait comme d’habitude très méticuleusement. Cela ne l’avait pas empêché lui aussi d’avoir des complications sentimentales, après être tombé amoureux d’une femme enceinte de cinq mois, Livia, épouse de Tiberius Claudius Néron. Bien qu’encore très jeune, Octave avait déjà été marié deux fois, d’abord avec Claudia, puis avec Scribonia qui lui avait donné une fille, Julie. Pour vivre pleinement son amour avec Livia, Octave décida donc de divorcer une nouvelle fois (38 av J.C.), et persuada Tiberius Claudius Néron de faire de même avec Livia qu’il prit pour lui avec ses deux fils : Tibère, déjà grand, et Drusus qui allait naître. Il adopta ces deux fils comme s’ils avaient été de lui.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Une fois achevées ces affaires matrimoniales, Octave se remit d’arrache-pied au travail, en commençant par faire tomber le blocus de Sextus en détruisant sa flotte à Nauloque (36 av. J.C.). L’ordre fut donc rétabli et la confiance revint dans les milieux d’affaires. Il faut dire aussi qu’un des traits de génie d’Octave fut de garder auprès de lui Marc Agrippa qui, non content d’être un valeureux général, s’avéra aussi être un remarquable ministre de la Guerre. Ce fut lui le véritable réorganisateur de la grande armée qui devait ramener l’unité de commandement dans l’Empire romain. Il ne restait plus maintenant à Octave que devenir Auguste.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">esca</span></p>
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		<title>La fin de la république et la jeunesse d’Octave</title>
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		<pubDate>Sat, 26 Nov 2011 07:19:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>esca2009</dc:creator>
				<category><![CDATA[histoire romaine]]></category>
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		<description><![CDATA[A part les intimes de la maison de César, personne ne connaissait Caïus Octave qui allait devenir quelques temps plus tard Auguste, et passer dans l’histoire comme le plus grand homme d’Etat de Rome, et surtout réaliser ce que César n’avait pu réaliser par la faute des Ides de Mars. La grand-mère d’Octave s’appelait Julie, [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=esca2009.wordpress.com&amp;blog=16316327&amp;post=518&amp;subd=esca2009&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">A part les intim<img class="alignleft" src="http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRkE7RNQTidfIAv-KKVI2gDjM9nZstR4FddYEtSwkGqZLNvjR1bR39qL9lV" alt="" width="113" height="151" />es de la maison de César, personne ne connaissait Caïus Octave qui allait devenir quelques temps plus tard Auguste, et passer dans l’histoire comme le plus grand homme d’Etat de Rome, et surtout réaliser ce que César n’avait pu réaliser par la faute des Ides de Mars. La grand-mère d’Octave s’appelait Julie, la sœur de César, lequel était donc son oncle. Et comme ce dernier n’avait jamais eu eu de fils légitime, il s’était attaché à son neveu, le faisant grandir dans une discipline quasi spartiate. Ensuite, alors qu’il avait à peine dix-huit ans (né le 23 septembre 63 av. J.C.), César l’emmena en Espagne quand il y était allé (en 45 av.J.C.) pour battre les derniers bataillons de l’armée de Pompée. A cette occasion, le jeune Octave fit preuve d’une détermination et d’une force de volonté extraordinaires et, bien que souffrant constamment de colite, d’eczéma et même de bronchite, autant de maux qui l’obligèrent à vivre avec à ses côtés un médecin au cours des différentes batailles qu’il dut livrer, et à faire très attention à son hygiène de vie, ne buvant jamais d’alcool et mangeant comme un oiseau. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Comment pareil tempérament avait-il pu plaire à son oncle, d&#8217;autant que le contraste était assez saisissant, Octave ne faisant jamais un seul geste, même le plus ordinaire, sans qu’il eût pesé le pour et le contre, alors que César était avant tout un brillant improvisateur, casse-cou, avec l’esprit large et une générosité irréfléchie. Mais c’est peut-être aussi ce contraste qui permit à Octave d’être pris en sympathie par César, au point qu’après ses études ce dernier lui confia dès l’âge de dix-sept ans un petit commandement en Illyrie pour qu’il puisse s’entraîner à la fois à la guerre et au gouvernement. C’est d’ailleurs à cet endroit qu’un messager lui fit part de la mort de César et de son testament. Du coup il courut à Rome pour prendre contact avec Marc Antoine, malgré les réserves de sa mère qui se méfiait de lui, d’autant que Marc Antoine traitait Octave par le mépris, le qualifiant de « petit garçon ».</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Mais « le petit garçon » ne se laissa pas démonter, et demanda paisiblement si l’argent que César avait laissé aux citoyens et aux soldats avait été effectivement distribué, ce à quoi Marc Antoine répondit qu’il y avait des choses plus urgentes à faire, ce qui incita Caïus Jules César Octave, son nouveau nom après son adoption par César (45 av. J.C.), a se faire prêter les fonds nécessaires par de riches amis de César pour les distribuer conformément aux volontés de ce dernier. Du coup les vétérans commencèrent à trouver beaucoup de qualités au jeune homme, ce qui eut le don d’irriter Marc Antoine, allant jusqu’à attribuer à Octave une tentative d’attentat. Celui-ci ayant demandé à Marc Antoine de lui fournir des preuves, ce qu’il fut évidemment incapable de faire, Octave décida de rejoindre immédiatement les deux légions qu’il avait rappelées d’Illyrie, les unit à celles des deux consuls Irtius et Pansa, et marcha avec eux contre Antoine. Les deux consuls moururent dans cette expédition, mais Octave allait non seulement sortir victorieux de cette bataille qui eut lieu près de Modène (21 avril 43 av. J.C.), mais aussi y gagner le soutien de Cicéron et du Sénat, qui ne se méfiaient pas d’un jeune homme de dix-huit ans, fut-il très brillant.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">En revanche les aristocrates n’aimaient pas le despotisme d’Antoine qui, après s’être vu frustré de l’héritage de César, avait essayé de le récupérer par la force, pendant les quelques jours qu’il avait eu le pouvoir, pillant le trésor, occupant le palais de Pompée et se nommant gouverneur de la Gaule Cisalpine. De fait le Sénat se persuada très vite que le César mort serait remplacé par un autre bien pire, ce qui les décida à soutenir Octave, a priori trop jeune pour présenter un quelconque danger pour les institutions en place. Cicéron prêta son éloquence à cette lutte contre Marc Antoine, que l’on retrouve dans les <em>Philippiques</em>, attaquant Marc Antoine notamment sur sa vie privée dissolue, mais aussi sur son amoralité, le prenant uniquement pour un aristocrate ignorant qui n’avait pour lui que des prouesses militaires.. Du pain bénit pour le grand orateur !</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">La défaite de Modène, première fois que Marc Antoine était battu, obligea ce dernier à prendre la fuite. Et c’est ainsi que le « petit garçon » rentra à Rome à la tête de toutes les troupes stationnées en Italie, alla au Sénat, imposa sa propre nomination comme consul, l’annulation de l’amnistie accordée aux conspirateurs des Ides de Mars et leur condamnation à mort. Le Sénat était en train de s’apercevoir que le « petit garçon » avait vite grandi, ce qui incita les sénateurs à résister. Mais Octave n’était pas pour rien devenu le fils de César, ce qui signifie qu’il « savait y faire » comme disaient les vétérans qui avaient accompagné son oncle-père adoptif, et qui à présent le soutenaient. Et il allait le prouver en envoyant un messager de paix à Antoine pour établir avec lui un second triumvirat, Lépide (89-13 av. J.C.) le troisième triumvir ayant assuré la médiation. Le Sénat baissa la tête en méditant sur le fait que le successeur d’un dictateur fait toujours regretter son prédécesseur.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Et effectivement ce fut la grande vengeance qui commença, avec des patrouilles de soldats envoyées à toutes les portes de la ville. Trois cents sénateurs et deux mille fonctionnaires furent accusés de l’assassinat, soumis à un procès et exécutés, après séquestre de tous leurs biens. Vingt cinq mille drachmes, c&#8217;est-à-dire une somme considérable, étaient le prix de la tête de quiconque s’enfuyait.  Mais nombre de ces aristocrates préférèrent  se donner la mort, comme le tribun Salluste qui donna un banquet au cours duquel il but un poison, et sa dernière volonté fut que le banquet continuât en présence de son cadavre, ce qui lui fut accordé. Fulvia, la femme de Marc Antoine, fit pendre devant la porte de sa maison Rufus, qui était innocent, uniquement parce qu’il n’avait pas voulu lui vendre cette maison. Son mari ne put l’en empêcher, parce qu’à ce moment il couchait avec la femme de Coponius, ce qui valut à celui-là d’avoir la vie sauve.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Mais la victime la plus convoitée pour Marc Antoine fut Cicéron, cible principale d’Antoine, non seulement parce qu’il n’avait pas digéré les <em>Philippiques</em> du grand avocat, mais aussi parce qu’il avait à venger Clodius, dont il avait épousé la veuve, et Lentulus, que Cicéron avait fait mettre à mort sur une galère à l’époque de Catilina, et dont Antoine était le beau-fils. Celui que l’on appelait « le Père de la patrie » avait tenté de s’enfuir en s’embarquant à Antium, mais il souffrait du mal de mer….ce qui lui parut pire que la mort et le contraignit à débarquer à Formies, où les patrouilles d&#8217;Antoine fondirent sur lui. Cicéron comprenant l’inanité de toute résistance offrit docilement son cou aux soldats.  Nous étions le 7 décembre 43 av. J.C. Sa tête coupée ainsi que sa main droite furent apportées aux triumvirs, mais si Antoine exulta, Octave s’indigna ou du moins fit semblant, d’autant qu’il n’avait aucune sympathie pour Cicéron. Celui-ci en effet avait certes loué César au cours de sa vie, mais s’était allié à ses assassins. Et puis son attitude envers lui, Octave, était pour le moins ambigüe, le couvrant parfois d’éloges (&#8220;la valeur n&#8217;attend pas le nombre des années&#8221;), mais parlant de lui comme quelqu’un qu’il fallait supprimer, et avec Cicéron l’interprétation de ce double-sens n’était pas difficile à comprendre.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Cicéron éliminé, restaient à châtier les deux principaux coupables de la mort de César, Brutus et Cassius. Respectivement gouverneurs de la Macédoine et de la Syrie, ils avaient uni leurs forces et constitué la dernière armée républicaine, une armée qui avait pillé la Palestine, la Cilicie, la Thrace dépouillant et réduisant à l’esclavage  des populations entières de Juifs qui ne pouvaient pas payer les contributions imposées. Cela explique pourquoi les armées de d’Octave et de Marc Antoine furent accueillies en libératrices. La rencontre eut lieu à Philippes (42 av. J.C.). Brutus enfonça les lignes d’Octave, mais Antoine enfonça celles de Cassius qui se fit tuer par son ordonnance. Octave pour sa part était au lit en proie à une des ses grippes habituelles. Antoine attendit sa guérison pour se jeter avec lui à la poursuite de Brutus. Quand celui-ci vit ses hommes en déroute, il se jeta sur l’épée d’un ami et fut transpercé. Antoine chercha son cadavre qu’il couvrit pieusement de sa tunique de pourpre…parce qu’il se rappelait que Brutus n’avait posé qu’une condition à sa participation au complot contre César, à savoir qu’on épargnât Antoine.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Philippes marqua la fin à la fois de la république et des plus beaux noms de l’aristocratie qui la soutenait. Ceux qui n’avaient pas trouvé la mort sur le champ de bataille la cherchèrent dans le suicide, ciomme le fils d’Hortensius ou celui de Caton. C’était tout ce qui restait de mieux de l’ancien patriciat romain, et force était de reconnaître qu’ils se comportèrent jusqu’à la fin avec courage. Ceux qui étaient restés chez eux étaient les embusqués et les courtisans véreux, gens tout à fait disposés, pour ne pas se donner de peine ou encourir de risques, à tout accepter, y compris le partage que les vainqueurs firent entre eux du grand empire. Octave garda l’Europe, Lepide prit l’Afrique et Antoine choisit l’Egypte, la Grèce et le Moyen-Orient. Un arrangement qui ne pouvait être que provisoire, chacun, sauf Lepide qui se contentait de sa part, espérant supprimer tôt ou tard les deux autres.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">esca</span></p>
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		<title>Richelieu gouverne la France</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Nov 2011 17:18:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>esca2009</dc:creator>
				<category><![CDATA[histoire de France]]></category>
		<category><![CDATA[armée]]></category>
		<category><![CDATA[institutions monarchiques]]></category>
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		<category><![CDATA[parlements]]></category>
		<category><![CDATA[Richelieu]]></category>

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		<description><![CDATA[A cause des luttes incessantes contre les protestants et les Grands, Richelieu n’eut guère le temps de s’occuper activement de l’administration du royaume, ce qui explique aussi la situation financière très difficile de la France à cette époque. Cependant, en raison des guerres qu’il dut mener contre les protestants et la Maison d’Autriche, il réorganisa [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=esca2009.wordpress.com&amp;blog=16316327&amp;post=503&amp;subd=esca2009&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">A cause des luttes incessantes contre les protestants et les Grands, Richelieu n’eut guère le temps de s’occuper activement de l’administration du royaume, ce qui explique aussi la situation financière très difficile de la France à cette époque. Cependant, en raison des guerres qu’il dut mener contre les protestants et la Maison d’Autriche, il réorganisa complètement l’armée et la flotte. En témoigne le fait qu’une ordonnance de 1629 définit pour cent ans les principes administratifs en matière de solde, d’entretien des troupes, et de service d’intendance. Louis XIV profitera pleinement de cette révolution sur le plan militaire. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">En 1610, au moment de la mort d’Henri IV, l’armée comptait en temps de paix environ dix mille hommes. En 1629 les effectifs étaient passés à soixante mille, et en 1640, pour la guerre contre l’Espagne et l’Autriche, le chiffre des fantassins dépassa les cent quarante mille et celui des cavaliers vingt mille. Mais l’effort porta aussi sur la marine de guerre, Richelieu voulant que « le roi soit fort sur la terre, mais aussi qu’il soit puissant sur la mer ». Et pour bien montrer qu’il attachait une importance particulière à la marine de guerre, il se nomma Grand maître et surintendant de la navigation, ce qui signifie qu’il avait la haute main sur le ministère de la Marine (1626). Il fit de Brest et Toulon deux arsenaux importants, points d’appui de la flotte du Ponant (Atlantique), composée de vaisseaux de ligne,  et du Levant (Méditerranée) comprenant surtout des galères.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Dans l’aménagement des institutions monarchiques, Richelieu s’efforça surtout d’être pragmatique, son attitude étant essentiellement opportuniste. Richelieu ne changea rien au gouvernement central, se contentant par une ordonnance de 1630, de règlementer les travaux du Conseil du roi en prenant soin d’écarter les grands seigneurs. Les conseillers siégeaient le mardi en Conseil des dépêches, parvenues des provinces. Le mercredi c’était le tour du Conseil des finances, et le samedi du Conseil des parties où l’on s’occupait des affaires liées à la justice. Cela dit, les grandes décisions ne se prenaient qu’en comité restreint, dans ce que l’on appelait le Conseil étroit, où ne figuraient que les principaux ministres de l’Etat, en qui évidemment le roi avait toute confiance. On y traitait essentiellement d’affaires étrangères, de paix ou de guerre, de finances royales. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Richelieu était évidemment le chef de ce Conseil, étant depuis 1629 le principal ministre d’Etat. Il était assisté du chancelier pour la justice, du surintendant des Finances et de quatre secrétaires d’Etat. En outre à partir de 1630, il y avait un secrétaire d’Etat à la guerre. Quant aux affaires étrangères directement reliées à Richelieu, elles furent confiées à un ami sûr en la personne de François Le Clerc du Tremblay plus connu sous le nom de Père Joseph (1577-1638), père capucin à la fois sincère et loyal que l’on avait surnommé l’Eminence grise. Plus tard on allait créer un secrétariat d’Etat de l’Etranger.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Dans les provinces Richelieu avait des gouverneurs dépendant de lui, les nommant, les déplaçant ou les révoquant à sa guise. Richelieu donna aussi davantage de prérogatives  aux intendants, nom donné aux conseillers d’Etat ou maîtres des requêtes envoyés dans les provinces en tournées d’inspection. Ces intendants n’hésitaient à user de pouvoirs plus ou moins officiels, se substituant aux tribunaux réguliers en jugeant et condamnant eux-mêmes, ce qui eut le don  soulever à plusieurs reprises la protestation des Parlements. Ils étaient d’autant plus enclins à le faire que Richelieu, pourtant très jaloux de ses pouvoirs, usa constamment de ménagements avec eux, en particulier le Parlement de Paris. Celui-ci en effet avait essayé à plusieurs reprises de jouer un rôle politique depuis 1610. En 1615, il avait adressé à Marie de Médicis de sévères admonestations sur sa manière de gouverner. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Mais les autres Parlements n’hésitèrent pas non plus à protester contre les actes arbitraires de Richelieu et de ses intendants…ce qui leur valut parfois de subir les foudres de Richelieu, mais sans que celles-ci ne se traduisent par des sanctions trop sévères. Il fallut attendre 1641, peu avant sa mort, pour que Richelieu publiât un édit interdisant aux Parlements de se mêler aux affaires de l’Etat, même s’il leur était permis de faire des remontrances sur les édits de finances, ce qui mettait quelques restrictions à cette loi. Quant au roi, il se bornait à menacer les gens de robe, pour lesquels il avait un certain mépris, n’hésitant pas à les appeler « petit homme ».</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Richelieu étant le principal ministre d’Etat, il avait évidemment la haute main sur l&#8217;administration et les activités qui en relevaient. Il s’intéressa donc aux finances, essayant en vain d’enrichir le royaume avec de grands projets, dont une bonne partie n’aboutit pas. En outre le poids des guerres fut trop lourd pour que le royaume puisse se donner des marges de manœuvre budgétaires. Et s’il vivait à notre époque, il serait sévèrement jugé, car les finances de l’Etat furent dans une situation beaucoup moins prospère qu’à l’époque de Sully, au point que le peuple accablé d’impôts et poussé par la misère se révolta dans plusieurs provinces du royaume. Ce fut le cas dans la Marche (Creuse, Haute-Vienne), le Périgord et une partie du Midi, avec le soulèvement des Croquants (1634-1637), mais aussi des Va-nu-pieds (1639) en Normandie, impitoyablement réprimés. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Mais les résultats ne furent guère plus probants en ce qui concerne l’agriculture qui, en plus n’était pas le sujet favori du cardinal, mais aussi l’industrie. En fait ses principales réussites furent plutôt liées au commerce extérieur et plus encore à la colonisation, avec la colonie du Québec établie par Champlain en 1608, qui marqua les premières lignes de l’implantation de la langue française, encore en vigueur de nos jours au Canada au milieu d’un espace anglophone. A cette époque aussi, grâce à l’appui de Richelieu, des aventuriers normands s’implantèrent aux Antilles, dans l’Ile Saint-Christophe (1625) aujourd’hui Ile Saint Kitts, à la Guadeloupe, et à la Martinique. On créa aussi des petits comptoirs sur les côtes du Sénégal et de Madagascar. En fait seule cette partie de l’œuvre de Richelieu, plus la préparation de l’annexion par la France de l’Alsace (traité de Westphalie en 1648), de l’Artois et du Roussillon (traité des Pyrénées en 1659), peuvent témoigner de sa réussite. Richelieu mourra en étant détesté par les Grands et le peuple, malgré les flagorneurs toujours prompts à le soutenir comme le poète Voiture (1598-1648) ou encore ceux qui écrivaient sur le journal hebdomadaire <em>La Gazette</em>, fondé (30 mai 1631) par le médecin Théophraste Renaudot (1586-1653), publication quasi officielle servant essentiellement à cette époque d’instrument de propagande. </span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">Et le roi que faisait-il ? En fait Louis XIII laissait faire son ministre tout en se voulant roi dans la plénitude de ses fonctions. C’était une monarchie à la manière de ce qu’on a connu sous la Cinquième République à l’époque du général de Gaulle avec Michel Debré, ou encore de  Valéry Giscard d’Estaing avec Raymond Barre. Le roi travaillait et restait jaloux de son autorité, comme le confirmait Richelieu, affirmant que « les quatre pieds carrés du cabinet du roi sont plus difficiles à conquérir que tous les champs de bataille d’Europe ».  Rien ne se faisait sans son consentement, Richelieu lui présentant en détail les avantages et les inconvénients de chaque décision. Bref, il y avait un pacte de confiance entre eux, qui allait durer jusqu’à la mort du cardinal (4 décembre 1642). D’ailleurs pour le remplacer Louis XIII appela dans son conseil celui qui avait été désigné par Richelieu, le cardinal Mazarin. Mais cet attelage n’allait pas durer bien longtemps dans la mesure où Louis XIII décédait sept mois après Richelieu (14 mai 1643). Et comme son fils, Louis XIV, n’avait que cinq ans, c’est Mazarin qui allait exercer la réalité du pouvoir au début du long règne du Roi soleil.</span></p>
<p style="text-align:justify;"><span style="font-family:Calibri;">esca</span></p>
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